Sadandsolo, une solitude assumée

Sadandsolo est un artiste basé à Bruxelles depuis 2 ans et demi, à son arrivée, il se lance dans la musique. Il devient son propre beatmaker, graphiste, monteur. Un artiste touche à tout, une polyvalence rare sur la scène urbaine de nos jours. Nous nous sommes entretenus avec lui suite à la sortie de son EP « Nostalgia Digital » le 8 avril dernier.

Le dernier clip de Sadandsolo – Écran

On peut dire que tu fais parti de ces artistes de la nouvelle génération, comment tu définirais ta musique ?

Je ne saurais pas trop dire, c’est très inspiré de sons US mais ce qui me caractérise dans ma manière de faire c’est qu’il y a une grosse différence entre les artistes que j’aime et les musiques dont je vais m’inspirer. En général, les artistes auxquels je m’identifie en tant qu’artiste, je ne suis pas forcément fan de ce qu’ils font. Il y a des formes dans lesquelles je puise énormément, notamment dans la trap US, mais dans la démarche artistique globale je m’identifie pas vraiment aux artistes rap… Par exemple je dis rarement de gros mots, les sujets abordés ne sont pas vraiment les mêmes, je n’y mets pas les mêmes enjeux finalement.

Sur Twitter notamment certaines personnes t’appellent le Carti français. quels artistes considère-tu comme tes inspirations ?

Je t’avoue que quand j’ai commencé, avant que ce soit sur les plateformes, ça y ressemblait beaucoup et on s’est dit « lets go » autant miser là dessus, quitte à ce que ça soit un peu réducteur dans un premier temps plutôt que d’être un ovni tout de suite. Playboi Carti a eu une grosse influence lorsque j’ai commencé mais pas vraiment par rapport à la technique de voix en fait. Il y a vraiment des éléments artistiques chez lui qui m’ont plu, il y a un rapport vraiment particulier aux adlibs, une déstructuration des instrus… Des choses qui ont vraiment remis en question le format single rap à un moment. Donc pour te répondre, sur la forme des morceaux je peux citer Playboi Carti, Lil Gotit, UnoTheActivist ou Yung Mal plus récemment. Niveau démarche ça serait plutôt Tobi Lou, Amaarae, Slowthai, Childish Gambino aussi à une époque… Des gens qui mettent en avant des valeurs qui me parlent, sur l’unisexe, la fluidité des genres, des questionnements que tu ne retrouves pas vraiment chez les artistes qui influencent l’esthétique de mes sons.

Dans les crédits de ton dernier EP « Nostalgia Digital », c’est directement toi en tant que producer. Tu compose tout toi-même ?

Ouais, à part tenir la caméra pour les clips, je fais tout de A à Z. Les prods, le mix, je monte etc. Je n’ai pas envie de voir mon nom trop souvent donc je ne le note pas. Mon entourage me disait de l’écrire mais j’avais la flemme, ceux et celles qui le font ont entièrement raison mais ce n’est pas mon délire. Mes premières tentatives sonores c’était pas vraiment du rap même si j’en ai toujours écouté beaucoup. Ça m’a surpris en fait quand j’ai capté que dans le hip-hop ou la pop, la personne qui performe n’est pas forcément celle qui compose. Pour moi ça a toujours fait sens de tout faire, je n’ai pas envie de juste écrire par exemple. Encore une fois je ne dénigre pas les gens qui écrivent juste, ça a des avantages de travailler à plusieurs, mais dans mon cas ça me paraît juste bizarre. Les textes, les images, les prods, les covers, pour moi c’est un tout.

Ça doit te prendre beaucoup plus de temps non ?

Disons que je suis dans une période où je ne suis pas pressé. Évidemment si les choses s’accélèrent, je n’aurais peut-être plus le temps. Mais pour l’instant je suis large, j’essaye de sortir 1 son par mois, j’ai le rythme dont j’ai envie. Je trouve ça bien que certain/e/s artistes sortent beaucoup plus de morceaux, mais personnellement c’est pas trop mon truc. Je suis content d’avoir ce rythme pour le moment, on me met pas la pression, je fais ce que j’aime. Et je n’ai pas à courir derrière des ingés pour les mix, des graphistes etc. Finalement, je ne perds pas forcément de temps.

Source : https://www.instagram.com/p/CNPnlSBn4Ki/

Est-ce que tu rencontres d’autres difficultés à travailler quasiment seul ?

Le souci c’est qu’on a rien pour s’exporter. En fait on connait personne de base, comme je fais tout tout seul. Ça fait 2 ans et demi que je suis à Bruxelles et la première année je connaissais personne qui faisait de la musique ici ! C’est important les contacts, l’idée cette année c’est ça, rencontrer d’autres artistes. Évidemment l’idée ce n’est pas forcément de me trouver le/la beatmaker qui produira tous mes sons. Mais voilà, tenter des collaborations.

T’aurais quand même un feat rêvé sur la scène francophone?

Je te cache pas que non, je ne veux pas paraître snob ou quoi mais c’est vrai que je m’identifie pas réellement aux artistes hiphop en tant que personne. Que ça soit francophones ou autres. J’aurais plutôt tendance à penser à un/une musicien/ne ou un/e DA. Quelqu’un qui m’accompagnerait ou superviserait tout un projet plutôt qu’un/e artiste qui pose juste son couplet sur une track. Je préfèrerais une collaboration sur une vision globale des choses.

Après tes deux EP, Focus et Nostalgia digital, c’est quoi la suite pour toi cette année ?

Je suis encore à un stade où je fais les choses au jour le jour. On est en mode « pas moins d’un son par mois » pour pas disparaître des plateformes, ça me force aussi à rester concentré. Il n’y a rien de fixe, comme je suis indépendant je n’ai pas de deadline à tenir. L’idée c’est de rester un peu régulier et puis on verra bien !

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