Retour sur VEDA avec YG Pablo

Le 22 janvier dernier le talentueux YG Pablo dévoilait son deuxième projet, un EP de 6 titres nommé VEDA. Aujourd’hui on revient sur ce projet et sa carrière à travers une courte interview

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T’as sorti ton EP « VEDA » il y a 1 mois maintenant et on a pu voir un réel engouement autour de ce projet, tu t’attendais à recevoir autant de retours positifs pour un court EP comme celui là ?

Honnêtement je m’attendais à rien. Ça faisait un moment que j’avais pas sorti de projet donc je me suis juste dit « balançons de la musique et on verra ». Je voulais pas me fixer de réels objectifs pour éviter toute déception, mais j’ai été très agréablement surpris de l’engouement qu’il y a eu tout autour et pour chacun des morceaux.

Sur cet EP on retrouve 6 titres avec 6 styles complétement différents, est-ce que quelque part c’était pas une petite piqure d’ego de ta part pour dire « Certes AVM c’est bien mais regardez ce que je suis capable de faire aussi » ?

C’est exactement ça ! Quand j’ai sorti AVM toutes les personnes qui m’ont approché voulaient que je fasse uniquement ça et j’ai voulu montrer que YG Pablo c’était bien plus large qu’AVM. C’est également pour ça que j’ai continué de travailler en indé, je voulais surtout pas qu’on me bride dans une catégorie alors que j’avais pas encore prouvé ce dont quoi j’étais capable sur pleins d’autres registres

 

Je suis pas sûr d’avoir envie de travailler comme un fou 1 an sur un album pour que le public consomme une semaine et le vendredi suivant on passe à autre chose puisqu’il y a eu de nouvelles sorties

 

Pour continuer sur le format, on a vu la multiplication de très courts EP ces deux dernières années,  est-ce que tu penses que le format album est toujours intéressant ?

Je pense que ça dépend beaucoup de l’artiste et de ses objectifs. Personnellement je me considère comme un artiste en développement et je comprends qu’un auditeur soupire fort devant un projet de 12/15 titres d’un mec qu’il connait pas.

Il y a aussi la situation actuelle qui joue, beaucoup de personnes sont dans une consommation « fast-food » de musique et ça peut clairement ralentir un artiste. Je suis pas sûr d’avoir envie de travailler comme un fou 1 an sur un album pour que le public consomme 1 semaine et le vendredi suivant on passe à autre chose puisqu’il y a eu de nouvelles sorties.

En tant qu’artiste moi c’est quelque chose qui me fait relativement peur. Pour le prochain projet j’avais envie d’aller chercher de nouvelles sonorités, de travailler avec des bassistes, des guitaristes etc mais je me dis est-ce que les gens vont prendre le temps de bien réécouter tous les petits détails ou est-ce que j’ai taffé pour rien.

Mais je pense que la qualité paye toujours à un moment et qu’il faut pas dévier de sa ligne de conduite juste pour plaire à un maximum d’auditeurs

 

Personnellement il y a un son qui m’a particulièrement plu sur le projet c’est « Déstocker ». C’est un son beaucoup plus introspectif que ce à quoi tu nous as habitué, est-ce que c’est un « ovni » dans ta carrière ou c’est un univers que t’aimerais plus creuser dans les années à venir ?

 

Pour être honnête j’étais pas sûr de garder le morceau pour le projet donc j’ai été assez surpris de voir à quel point il a été bien reçu, mais j’avais envie de me dévoiler un peu plus.

 Je l’ai fait assez timidement quand même parce que c’est encore trop tôt pour dévoiler ma vie à tout le monde mais ça fait du bien de faire ce type de morceau et je pense que c’est important d’avoir un « Déstocker » dans chaque projet.

 

 

On a eu droit à pas mal de projets rassemblant un producteur unique et un artiste ces derniers temps (Youv Dee et Skuna, La Fève et Kosei, …) et sur VEDA c’est complètement l’inverse puisqu’on retrouve 7 producteurs différents, c’est important pour toi de garder cette diversité et cette large palette ?

 

Pas spécialement, si je trouve un producteur qui m’apporte tout ce que je cherche j’aurais aucun problème à travailler tout un projet avec lui, mais sur VEDA j’avais besoin d’explorer plusieurs univers musicaux d’où la diversité des beatmakers qui ont travaillé dessus.

 

D’ailleurs en parlant de producteurs il y a, pour moi, un nom qui est trop souvent oublié quand on parle de « deuxième vague belge », c’est celui de Chuki Beats. Comment elle s’est faite la connexion entre vous ?

 

Ça me fait plaisir que tu parles de Chuki parce que c’est un gars qui est ultra actif chez nous et qui a une facilité pour connecter tout le monde. Bx c’est tout petit, tout le monde se connait donc on s’est juste envoyé un message en se disant « viens on fait du son » et ça s’est fait tout simplement. Mais mettons Chuki plus en avant, c’est important.

Chuki Beats by Pretty Boy Dro

 

On sait que vous êtes tous connectés entre vous à Bruxelles alors est-ce qu’on peut s’attendre à un projet 100% Bx ou même 100% belge ?

 

Je pense que quand chacun aura fait un petit peu sa place ça pourra complétement se faire mais c’est pas quelque chose où on se dit « il faut absolument qu’on le fasse ». Chacun se développe de son côté et si un matin je me lève avec cette envie j’appelle Frenetik et Geeeko on part en studio et let’s go

Image issue du clip de “Block”, collaboration entre Geeeko et YG Pablo

 

T’es parti 2 ans aux Etats Unis, qu’est-ce que ça t’as apporté musicalement cette expérience ?

 

Ça m’a pas vraiment apporter quelque chose musicalement parlant mais ça m’a rendu complétement bilingue ce qui fait qu’aujourd’hui je comprends les paroles de tous les sons que j’écoute et ça m’ouvre un panel de sujet 100 fois plus important.

 XXX Tentacion par exemple il est arrivé avec un nouveau mouvement et une façon d’évoquer les sentiments que j’avais jamais entendu auparavant, donc ça m’a vraiment permis d’avoir cette ouverture au niveau des paroles et des thèmes abordés.

 

Merci d’avoir répondu à nos questions et encore une fois grand bravo pour VEDA !

Merci à vous pour votre temps et préparez-vous, vous allez entendre beaucoup de « Super, Incroyable » en 2021 !

 

Thomas LOPES

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