Ocytocine : rencontre avec Squidji

Après une année 2020 parfaite avec les sorties de Brahma, Saraswati et Parades, Squidji revient en cette fin de mois de mai 2021 avec son premier album « Ocytocine », fruit d’un énorme travail de la part de l’artiste avec qui nous avons pu nous entretenir.

Ces derniers mois, Squidji n’a pas chômé : trois projets plus que réussis l’année dernière dont le superbe Parades, projet qu’il a alimenté sur plusieurs semaines avec un incroyable featuring avec Captaine Roshi et de sublimes versions acoustique dont lui seul à le secret.

Ce début d’année 2021 n’était placé que sous un mot « album ». Le projet à d’abord été amené avec le premier single INSTA sorti en février dernier accompagné d’un clip. Suivi d’OXYGÈNE un mois plus tard et enfin de l’ovni STRIPPER il y a trois semaines.

Le 11 mai dernier l’heure est arrivée : Squidji annonce la sortie d’Ocytocine, son premier album, pour le 28 mai 2021. Un album que l’artiste a fait avec le cœur comme il l’explique sur son poste instagram « OCYTOCINE, c’est mon premier album ! Au départ, c’est la molécule de l’amour, l’hormone qui nous fait s’attacher aux personnes qu’on aime. C’est mon thème de prédilection. C’est la bande son de nos vies, un chemin sombre qui au fil de mes émotions et des rencontres s’éclaircit peu à peu jusqu’à ce qu’un arc-en-ciel se forme ! »

Et pour son premier album, l’artiste a pris son temps et a décidé de faire les choses bien en s’entourant dans un premier temps des meilleurs beatmakers possibles. Prinzly, Paco Del Rosso, Saint Dx, Dioscures, Ikaz Boi, Ponko, Benjay, Studio IBO et Sofiane Pamart sont de la partie. Du côté des collaborations Squidji s’est aussi extrêmement bien entouré puisqu’on peut retrouver Josman, Lala &ceJädeLous and The Yakuza et Disiz La Peste sur le projet.

Pour couronner le tout, Squidji nous a offert, la veille de l’album, un documentaire sur la conception de ce dernier.

En bref, Squidji nous livre là un album très intimiste, musicalement envoutant, passant de la trap au Rnb jusqu’à la pop. Une atmosphère sentimentale illustrée par et grâce au thème de prédilection de l’artiste ainsi qu’aux interlude rajoutant une dimension de storytelling prenante. Squidji avait définitivement la volonté de frapper fort et il l’a fait à la perfection.

Entretien avec Squidji

Premier album après 6 ans de carrière, je pense qu’on peut se permettre de demander, comment tu vas Squidji ?

Ça va super bien, un petit peu d’appréhension sur le fait de savoir quels morceaux mon public va accepter ou non mais globalement je suis heureux. Et puis de toute façon quand monsieur Disiz la Peste te dit que ton projet est musclé tu ne peux qu’être heureux.

On t’a découvert sur Soundcloud au milieu des années 2010 où tu faisais notamment parti des Ultimate Boyz, avec du recul qu’est ce que cette époque t’a apporté aujourd’hui ?

Je pense que la première chose que ça m’a apporté c’est une certaine rigueur et un rythme de travail.

Pour ce qui est du taf en groupe le truc le plus excitant c’est la compétition. Nous on savait que Larosh ( N.D.L.R. Captaine Roshi) était le plus chaud donc quand il arrivait avec son texte c’est soit t’étais capable de sortir un couplet ou un refrain mystique soit tu posais pas sur le son.

C’est cette mini compétition qui a fait qu’on a tous évolué très vite.

Source : gabin_mrt

Dans cette même période t’as un son qui s’élève plus que les autres c’est « Groupie ». Puis 2 ans plus tard tu dévoiles ton grand classique « Doudou », comment t’as vécu ce succès du haut de tes 17 et 19 ans ?

Groupie ça a été un élément déclencheur pour moi. Quand j’ai vu que Twinsmatic avait partagé le morceau j’ai eu pour la première fois la réflexion de me dire « ok là c’est sérieux, il y a quelque chose à faire, t’as ta place dans cette industrie ». C’est aussi à partir de ce moment là que je me suis imposé un rythme de travail, à savoir 1 son par semaine voire toutes les 2 semaines grand maximum.

Concernant « Doudou » ça a encore été différent. Le morceau a explosé petit à petit et je m’y attendais absolument pas. Ça a été enregistré dans une chambre avec un vieux micro, le mix est loin d’être phénoménal, je m’attendais vraiment pas à un tel engouement.

Je savais pas quoi faire, j’avais pas de manager, je recevais des appels de maison de disque alors que j’étais en plein bac, c’était vraiment la folie.

Squidji – Doudou

T’annonces « Ocytocine » avec 3 singles dont « Stripper » qui est aux antipodes de ce sur quoi on a l’habitude de t’entendre, c’était une volonté de ta part de surprendre avec cet album ?

C’est le morceau sur lequel j’étais le moins confiant je crois. J’ai jamais posé sur une instru comme celle de « Stripper » donc tu te demandes forcément si ton public va bien accueillir cette nouvelle vibe ou si tu vas te faire insulter pendant une semaine.

Mais évidemment c’est mon premier album donc j’ai envie de frapper fort, de surprendre et surtout de faire la musique qui me plait sans tout calculer

Le premier feat de l’album c’est Josman sur un énorme banger, est-ce que ce titre c’est un petit hommage à l’époque de « Trap et d’eau fraiche » ?

Oui carrément. J’avais cette volonté de reposer sur ce genre d’instru, déjà parce que j’aime kicker tout simplement et puis pour faire un petit clin d’œil aux auditeurs qui m’ont découvert sur « Trap et d’eau fraiche ». Vous êtes peut-être partis parce que vous en aviez marre des sons de loveur mais regardez j’ai encore quelques restes les gars.

Et puis on va pas se mentir quand t’as Josman à tes côtés ça aide quand même pour faire un gros banger.

Squidji ft. Josman – Subaru

Juste après ce gros morceau on a un changement d’ambiance totale avec « Paris c’est noir », qui est le morceau qui m’a le plus parlé, comment on passe de « Paris c’est loin » à « Paris c’est noir » ?

Ahah c’est le son que je tuais le plus à une époque ça me fait plaisir que tu te le sois pris. C’est un morceau archi visuel, je ferme les yeux, je lance le morceau, j’ai tout de suite des visions utra précises vers porte de Clichy avec les crackheads de la ligne 12, des visions de la misère humaine toutes en noir et blanc

Pour ce qui est de la création du morceau j’écoutais « Paris c’est loin » de Damso et Booba et je me suit dit “c’est un peu trop joyeux, c’est pas ce que je vois/vis réellement au quotidien” donc je me suis posé sur cette idée et puis c’est de là qu’est sorti le morceau

Dans tes sons on a l’impression que tu t’adresses tout le temps à la même personne, que tes projets sont de véritables exutoires, est-ce qu’à la manière d’Isha le rap t’as sauvé la vie, il mériterait d’être aux beaux-arts ?

Je sais pas s’il m’a sauvé la vie mais c’est sûr qu’il m’a fait économiser beaucoup de séances de psy (rires). La musique c’est vraiment un exutoire pour moi et je trouve ça important aussi de partager ma vie.

On a tous plus ou moins les mêmes histoires, les mêmes échecs donc si je peux aider quelqu’un pendant une période triste parce qu’il s’identifie à mes sons, pour moi c’est la plus belle des victoires

Source : gabin_mrt

J’ai appris que t’as assisté à ton premier cours de chant à quand Squidji à l’opéra ?

(Rires) Non, c’est important de bien savoir chanter, demain je fais un live, je chante mal, je vais me faire caillasser c’est une ambiance bizarre.

Et puis je crois que les femmes aiment bien les belles voix aussi…

On connait tous ta relation avec Roshi, à quand le projet commun ?

Ahah tout est possible, mais même avec MadeInParis, même avec Chanceko, on ne sait pas de quoi demain sera fait…

Merci à Squidji d’avoir répondu à nos questions et un grand bravo pour Ocytocine !

Thomas Lopes

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