Moka Boka, celui qui nous conte sa vie

Avec une voix tout aussi mielleuse que ses mélodies, l’artiste est souvent désigné comme le futur du rap belge. Proposant une musique à son image, métissée et authentique, il s’éloigne des codes habituels. Aujourd’hui on vous parle de Moka Boka et de sa douce musique.

Qui est Moka Boka ?

De son vrai nom Kwami Manoka, le belge naît d’un père congolais et d’une mère belge à Bruxelles. Il vivra une enfance heureuse là où il est né. Suivra un parcours scolaire très tourné vers l’artistique et le créatif, puis partira 1an à Londres et 1an à Montréal. Des localisations et des cultures qui lui parlait et qu’il voulait voir de ses propres yeux.

Son père batteur dans un groupe de reggae lui a inculqué le goût de la musique depuis petit. C’est vers l’âge de 16-17ans, après avoir vu le clip Touch the Sky de Kanye West que son envie de rapper naît. Vers 18ans il commence sérieusement la musique et choisit comme nom de scènes « Moka Boka ». Moka étant la contraction de nom Manoka et Boka signifiant « celui qui dit les choses » en kikongo, un dialecte congolais.

Moka Boka

Boka, celui qui dit les choses

Sa carrière compte aujourd’hui 5 projets, mais seulement 3 sont encore sur les plateformes et disponible pour nous autres auditeurs. Après quelques clips de bonne facture, il sort le 15 janvier 2017 Supernova, un EP de 5 titres très réussis. Les instrus y sont globalement très légères et proposent des sonorités inhabituelles et atypiques. Elles offrent une ambiance chaleureuse et propre à l’artiste. Ce qui est propre à Moka Boka aussi, c’est son flow. Souvent fait de phrases courtes, et choisissant parfois d’y ôter mots de liaison ou déterminant afin d’accentuer la rythmique et la musicalité. De plus, ses textes ne pouvant être propres qu’à lui car il nous raconte tout simplement sa vie, ses relations, etc.., avec poésie et sincérité.

Moka Boka – ATPDTR

1an et demi plus tard il revient avec “Pas de pluie, pas de fleurs.“. Un projet qui le fera prendre un tournant certain. Puisque sur ce dernier se trouve Heracles, un feat avec Swing, aujourd’hui le morceau le plus streamé de l’artiste. Le clip sorti en amont du projet a bientôt atteint le million de vues. Sur le projet on peut également retrouvé Krisy, l’artiste s’étant occupé du mix du projet.

Moka Boka – Heracles

Moka Boka pousse plus loin, diversifie et affirme son style sur ce projet. Avec des instru encore plus musicales, certaines bien loin d’instrumentales de « Rap ». Notamment avec des éléments, des instruments et des sonorités inspirées par ses origines et les différentes cultures qui l’ont influencé. Un flow plus travaillé et développé que celui sur Supernova mais basé sur ce dernier. Les lyrics aussi sont fidèles à l’univers Moka Boka. Il nous parle toujours de sa vie, de son quotidien et des gens qui l’entourent. Mais ici, une place plus importante est faite à ses réflexions, ses doutes, ses craintes, et tout ce qui se passe dans sa tête. Faisant ainsi, comme il a pu le déclarer en interview, de la musique son médicament.

Dans la foulée, Colors sollicitera l’artiste pour un “A Colors Show“. Une première forme de consécration pour un artiste et son art. Il y interprétera le titre Sourire, et cet événement lui ouvrira des portes internationales.

Moka Boka – Sourire | A Colors Show

A peine quelques semaines plus tard, son morceau Blues Pt. II sera intégré dans une compilation du label Nowadays Records appelée Around The World – Belgium. Dans un projet loin d’être orienté rap il pourra mettre en avant sa musique, en étant notamment le seul morceau contenant des paroles, qu’elles soient chantées ou rappées.

Meno kibeni, moi en personne

Le 17 janvier 2020, Moka Boka sortira son dernier projet en date “Juste Avant Kwami“. Un projet bien plus personnel que les précédents. En effet, l’artiste se livre plus que sur le reste de sa discographie puisque dans ce projet, il ne se contente pas de nous conter poétiquement sa vie. Bien que cela soit le cas dans quelques morceaux, la plupart sont plus des introspections et des explications de ses réflexions, comme anxiété, aventure ou encore même l’intro, qui nous présente un Moka Boka déboussolé qui n’arrive pas à construire ses phrases. Ces morceaux sont entièrement dédié à des sujets précis, qui ont l’air de prendre de la place dans la tête de l’artiste.
Aussi, il y a beaucoup plus de questionnement dans ce projet, le plus fort étant sûrement « Est-ce que Dieu m’aime » dans le refrain de Nord.

Moka Boka – Zéro comme moi / Nord

Cela dit Moka Boka n’est pas empli que de tourments. La sonorité du projet, encore une fois propre à l’artiste, est souvent dynamique et rythmée et “Juste Avant Kwami” propose très peu d’atmosphère sombre. De plus, l’artiste évoque le fait de se bouger ou encore de partir à l’aventure, qu’il s’adresse à lui-même ou à l’auditeur, avec une certaine conviction et une certaine énergie.

Ce dernier album est donc un parfait métissage entre la philosophie, les expériences de vie et la vision artistique de l’artiste. Une vision et une proposition qu’il souhaite développer et faire évoluer de projet en projet afin de toujours surprendre celui qui l’écoute.


Ayant au mieux répondu à son étiquette de « futur du rap belge », Moka Boka n’a pas fini de nous étonner avec ses propositions musicales, alors gardez un œil sur lui !

Moka Boka

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