Groover, la volonté de mettre les artistes en avant

Lancé en octobre 2018, Groover met en contact les artistes qui veulent promouvoir leur musique et les meilleurs médias, radios et labels en quête de talents émergents. Une plateforme qui garantit aux artistes d’être écoutés, d’avoir des retours et de gagner en visibilité. Rencontre avec un de ses fondateurs : Dorian Perron

Salut Dorian ! Pourrais-tu nous raconter ton parcours ?

J’ai commencé par lancer un blog de musique indépendante en 2013, orienté rock, pop indé. Ça m’a permis de découvrir un peu comment ça fonctionnait dans le monde de la musique. Les différents types de professionnels qu’il peut y avoir, rencontrer des artistes, etc. En 2017, à la fin de mes études je suis parti à Berkeley, en Californie, pour un programme d’entrepreneuriat où j’ai rencontré Romain, Rafaël et Jonas, mes associés chez Groover. Chacun avait sa propre expérience dans le monde de la musique. On s’est retrouvé dans cette promo de 40 personnes à être quatre qui adoraient la musique et on avait cette envie d’aider les musiciens. On savait qu’ils avaient besoin de beaucoup de conseils, d’accompagnement et potentiellement d’actions concrètes pour essayer de se faire connaître.

Rafaël, Jonas, Romain et Dorian – Co-fondateurs de Groover

De cette envie est né Groover, comment ça s’est passé au début ?

On a commencé par appeler plus de 200 personnes, artistes et professionnels de la musique et on leur posait plein de questions très ouvertes sur comment ça se passait pour eux. On essayait d’avoir des pistes de réflexion. Au début, il faut passer énormément de temps à comprendre ses potentiels utilisateurs. Et ça nous a confirmé que le plus gros problème, c’était de gagner en visibilité. Ils se débrouillaient pour la production, s’arrangeaient avec des amis pour faire un clip, pour monter leur projet créatif. Mais on devait faire en sorte qu’il y ait plus que leurs potes et leurs fans qui écoutent leurs morceaux. C’est ce qui nous a orienté vers Groover. Au début, on a fait des formulaires Google et un bouton PayPal. Quand on est revenu en France, on a commencé à bosser sur une plateforme qu’on a lancée fin d’année 2018. Pendant tout ce temps là, on avait la version test avec les formulaires Google qui continuaient de tourner, ça nous a permis de monter un vrai début de communauté sur Paris.

Très vite votre souhait était de mettre en relation artistes et professionnels ?

L’idée, c’était de faire en sorte que les artistes indépendants et ceux qui les représentent, les manageurs, etc. Puissent entrer en contact avec des médias, des radios, des créateurs de playlists, des influenceurs et labels, tout cela au choix, avec la garantie que leur morceau sera écouté et qu’ils auraient au minimum un retour sur leur musique et potentiellement plus. On s’est rendu compte que le problème n’était pas que les médias n’aimaient pas les morceaux qu’ils recevaient, mais qu’ils n’avaient pas le temps de les écouter. Il fallait casser ce mur de la première écoute, donc faire en sorte qu’on puisse assurer que les pros écoutent le morceau et ensuite qu’il puisse décider s’il l’aime ou pas et s’ils ont envie de le partager.

Tu l’as dit tout à l’heure, vous avez officiellement lancé Groover en 2018, ce qui fait que la plateforme est assez jeune, comment tu expliques une visibilité aussi rapide ?

Le premier point, c’est qu’on avait mis le doigt sur un vrai problème. On a passé beaucoup, beaucoup de temps, à entrer en contact avec des artistes, des professionnels, on a noué un vrai lien personnel avec les premiers utilisateurs par téléphone, ils étaient hyper enthousiastes de nous accompagner, nous aider à monter cette plateforme et quand on est revenu sur Paris, le premier truc qu’on a fait, c’est organiser un apéro chez moi en invitant les gens avec lesquels on a été en contact dès le début du projet. Ça a été nos premiers ambassadeurs, ils en ont parlé autour d’eux. Je pense que le deuxième gros point c’est qu’on est très proche de notre communauté d’utilisateurs, et sur le support client aussi, toujours disponible quand il y a un problème.

Les services proposés par Groover sont tout de même très bénéfiques comparé au prix de ces derniers, tu penses que ça sera bénéfique sur le long terme pour Groover ?  

C’est vraiment ce qui a fait que ça a marché. Le prix. Aujourd’hui, tu vois un artiste, il a deux solutions quand il veut faire connaître sa musique, soit il contacte des médias, en envoyant des mails à des centaines de personnes et il y a très peu de réponses, soit il passe par une attachée presse et pour le coup, c’est très cher. Pour beaucoup d’artistes, ce n’est pas accessible. Il y avait un vrai trou là dedans. Même si on a l’impression que ce n’est pas très cher aujourd’hui il y a plus de 1000 contacts sur la plateforme. Et nous, on remarque que les campagnes moyennes, elles sont au moins entre 20 et 30 contacts. Donc, si tu veux, les artistes mettent en moyenne 50 euros. Comme nous aujourd’hui, on a plus de 40 000 artistes qui sont inscrits sur la plateforme. Ça peut monter assez vite, ça reste peu couteux pour eux, mais nous, on y trouve réellement une économie.

C’est vrai qu’on voit de plus en plus d’artistes utiliser vos services pour promouvoir leurs singles, vous ressentez aussi cette effervescence grandir autour de Groover ?

En France maintenant, ça s’est beaucoup diffusé. Il y a énormément d’artistes qui l’ont utilisé et quasiment tous les artistes connaissent ou ont entendu parler. Donc, ça a vraiment marché sur ce point là. Notre but désormais, c’est de se déployer à l’étranger et ça commence à fonctionner dans certains pays. Mais c’est vrai que ça s’est bien développé, ce qui marche c’est le garanti de réponse, c’est le truc hyper sexy. On arrive à maintenir un taux de réponse qui est autour de 85-90%, quand les médias et pros ne répondent pas, les artistes récupèrent des crédits, ils peuvent contacter d’autres professionnels.

Depuis fin janvier, vous faites confiance à 15 artistes de styles et horizon différents, en lançant « Groover Obsessions » en quoi ça consiste ?

Oui, il y a quatre rappeurs dans le lot et après, c’est effectivement très varié. Notre but, c’est de montrer un peu des talents, des artistes qui ont utilisé Groover et on eu des super résultats. La vision de Groover, c’est d’aider tous les artistes à faire découvrir leur musique, mais aussi d’accélérer leur carrière. C’est le cas notamment pour ces quinze artistes là. On leur apporte un accompagnement plus poussé. Le premier point, c’est un travail de fond. On passe auprès de chacun d’eux, pour les aider notamment sur la promo, mais aussi sur le marketing digital et trouver des opportunités. Le deuxième, c’est qu’on produit du contenu nous-mêmes, comme les sessions à la Marbrerie qui sont postées en ce moment sur nos réseaux. L’idée, c’est qu’il y a pas mal de professionnels qui regardent, donc ça crée des opportunités pour les artistes. Et le troisième point, c’est qu’on essaie de les mettre en contact avec des partenaires potentiels. On essaye de créer un vrai carrefour de partenaires qui peuvent être intéressants pour le développement de ces quinze artistes.

Les quinze premiers artistes “Groover Obsessions”

Vous avez lancé, il y a un peu plus d’un an, les podcasts « Groover Tips ». Ça semble important pour vous de pouvoir donner la parole aux acteurs de l’industrie de la musique, tout en conseillant les artistes.

Cela fait partie d’un truc qu’on a démarré au tout début. Dès le départ, on a voulu écrire et donner des conseils aux artistes. Le concept, c’est effectivement un artiste, hip hop, rap ou soul, un professionnel du secteur et un sujet pendant le podcast dont ils vont parler. Par exemple « je ne sais pas comment obtenir des subventions », « comment trouver son manager », etc. Et ça finit par un freestyle de l’artiste. On doit en être au douzième numéro et on continue. On en sort toutes les deux semaines. Toutes les personnes qui ont écouté nous disent que c’est super intéressant. C’est en collaboration avec Ismaël Mereghetti qui est super doué pour interviewer et sortir des infos intéressantes. Moi-même, j’ai appris plein de choses.

Et ce que je trouve aussi intéressant sur Groover c’est qu’il y ait une vraie diversité musicale. Début avril, justement, vous avez annoncé l’acquisition de SoonVibes. C’est quoi, concrètement, les objectifs de ce rapprochement entre les deux plateformes ?

En fait, tu l’as dit, depuis le départ, on avait la volonté de s’adresser à tous les styles de musique. Les trois grandes verticales ça reste tout ce qui est pop, rock. Le rap hip hop soul et les musiques électroniques. Pour cette dernière, SoonVibes existait depuis beaucoup plus longtemps que nous et ils avaient vraiment fédéré une communauté électro importante. J’ai appris qu’ils allaient cesser leurs activités et ils nous ont contacté. On s’est dit que ça pouvait être très intéressant d’essayer de proposer notre service à leur communauté d’artistes. C’est l’occasion de montrer que les musiques électroniques, c’est hyper important pour nous. Ça nous a permis d’attirer des nouveaux médias très intéressants ces derniers mois, Clubbing TV, DJ Mag.

Quels sont les prochains objectifs de Groover pour la suite de cette année 2021 ?

Notre souhait c’est de mettre l’accent sur le développement à l’international. Il y a déjà 50% de notre activité hors de France. On a plusieurs pays dans lequel ça se développe bien assez naturellement, aux États-Unis, en Angleterre, au Brésil ou en Italie. Le but c’est de le faire pays par pays, en mettant de l’énergie à construire une communauté sur place. Ce qui est intéressant, c’est que ça crée des réseaux puisque ça permet aux artistes français de tester les médias à l’étranger et inversement. Ça, c’est un gros enjeu. Ensuite, continuer à améliorer la plateforme. On a notamment mis en place la première version d’un algorithme de recommandation. Maintenant, il y a plus de 1000 contacts sur la plateforme. C’est un peu compliqué de s’y retrouver pour certains. L’idée, c’est justement de les guider vers les bonnes cibles.

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