Delta et la balade nocturne Yakamoz

Après un premier 3 titre qui nous avait mit l’eau à la bouche. Delta revient en 2021 avec une balade nocturne envoûtante, Yakamoz.

Une balade nocturne au bord de l’eau

Jeune rappeur de 19 ans, Delta a vécu 17 ans au Maroc avant de venir s’installer seul en France à Paris. Inspiré autant par le rap que la variété française, que ce soit via des artistes actuels ou plus anciens. Avec un premier pas dans le rap via la conception de prods, le jeune artiste propose sur Yakamoz des ambiances planantes entrant en osmose avec une maîtrise singulière de l’auto-tune nous emmenant sur un nuage nous permettant de contempler les reflets de la lune sur l’eau.

Delta – Yakamoz

Comme l’indique le nom du projet Yakamoz, évoque le reflet de la lune dans l’eau, le projet nous plonge dans une ambiance nocturne et lunaire. Pour Delta, la musique est un véritable exutoire et Yakamoz est là pour permettre à l’artiste de s’exprimer sur ce qui se trouve dans son cœur. Un moyen de dégager le ciel nuageux qui bloque les rayons de la lune nous empêchait d’admirer le reflet de la lune dans l’eau, cette lune étant Delta et les rayons sa musique qui exprime ses sentiments. Ce décor représentant bien l’ambiance et l’atmosphère dans laquelle nous plonge le projet.

Une ambiance reposant dans un premier temps sur des prods particulièrement bien produites par Releak, Roc Warden, Babyboi et Delta lui-même. Des prods légères, mélodieuse où chaque instrument, parfois inhabituel à nos oreilles, apporte une pierre de plus au bel édifice de verre qu’est l’ambiance de Yakamoz. L’artiste arrive ensuite à nous distiller son discours et ses réflexions grâce à travers des métaphores et des formules simples et imagées. 

Mais ce que Delta arrive le mieux à nous transmettre, ce sont indéniablement ses émotions. D’abord en veillant à formuler beaucoup de parties de son discours afin que tout le monde puisse s’identifier. Mais aussi en maîtrisant bien à sa façon l’autotune, étant pour lui quelque chose permettant l’exacerbation des sentiments. Une expression des sentiments atteignant son paroxysme dans “Sodade“. Un morceau intime empli de mélancolie dans lequel l’artiste nous invite à nous balader entre ses réflexions ses émotions et les nôtres. Des émotions que l’artiste cherche et arrive parfaitement à faire germer chez nous, nous laissant les développer au fur et à mesure de ses morceaux et de ses projets.


Yakamoz 
nous offre aussi une superbe collaboration entre Delta et Menavor, un morceau dynamique et prenant sur lequel les artistes se sont parfaitement entendus sur l’ambiance du projet. Une ambiance qui peut parfois être retrouvée sur certains morceaux de l’artiste qui nous a livré NEW ERA en janvier dernier. On espère voir les deux prodiges nous offrir d’autres collaborations aussi réussies par le futur !

De plus, nous avons pu nous entretenir avec l’artiste afin d’en savoir un peu plus sur ce projet plein d’intimité.

Entretien avec l’artiste

  • Yakamoz, qu’est ce que ça veut dire, qu’est ce que ça signifie pour toi ?

C’est un mot turc qui design le reflet de la lune dans l’eau, et je trouvais ce mot vraiment représentatif de l’ambiance du projet. C’est un mot que j’avais en tête depuis longtemps et je savais que je voulais faire un projet qui s’appelle comme ça.

  • Sur mes pommettes”, s’ouvre sur “ce soir je m’endors avec moins de rêves”. Sur ton Genius on peut voir que pour toi c’est que soit ils ont été accomplis soit abandonnés. Quels rêves as-tu déjà accomplis et en as tu déjà abandonné ?

En vrai, les rêves accomplis, c’est plus ceux du quotidien, des trucs que tu détermines pas vraiment comme des rêves. Après, je tenais vraiment à laisser l’interprétation ouverte. Et que chacun puisse s’identifier. C’était pas vraiment représentatif d’une expérience personnelle, plus une idée vague un petit peu.

  • Plus tard dans le morceau, tu dis “fuck être célèbre” qu’est ce que ça représente, ça signifie pour toi la célébrité ?

C’est quelque chose qui ne m’inspire pas plus que ça, c’est peut-être un bonus, mais c’est pas une fin en soit. L’objectif, c’est vraiment d’être heureux, que ce que tu fais tous les jours te plaise et de pouvoir vivre de ça.

  • Dans le titre suivant, “Discorde”, tu dis qu’avant même le lycée, tu fumais des prods. Depuis combien de temps t’as commencé la musique ?

En vrai le son, je fais ça depuis que je suis tout petit. Je me suis toujours débrouillé solo. Je faisais des prods avant de me lancer totalement dans le rap. La musique a toujours été mon exutoire, quelque chose qui me permet de fuir le quotidien et de pouvoir passer de bons moments. Et puis je me suis rendu compte que je devais pas garder ça pour moi, que ça serait un petit step up de pouvoir sortir des trucs et tout.

  • Et cet attrait pour la musique ça te viens de tes parents ou tu l’as développer tout seul ?

Mes parents, ils n’écoutaient pas tant de musique que ça. Souvent, dans les interviews, les artistes sont en mode “ouais mes parents écoutaient ci et ça” mais non c’est pas ça qui m’y a mis dedans, c’est plus moi. J’ai découvert le rap quand j’étais tout petit, j’ai buté les classiques et ce qui sortait de nouveau, c’est plus cette découverte. 

  • Plus loin, tu maudis le temps qui passe, c’est quelque chose qui t’effraie ?

Bien sûr, je pense que tout le monde est effrayé par le temps parce que c’est une des seules variables qui est aussi importante et qui n’est pourtant presque pas métrisable. Tu peux apprendre à en gagner à pas le perdre, etc. Mais tu peux jamais totalement le contrôler. Faut apprendre à vivre avec et c’est pas forcément évident. J’suis vraiment passionné par le temps.

Delta – Yakamoz
  • Qu’est-ce que t’entends par “Laisse parler ton cœur l’important c’est pas les ailes” ?

Je veux dire par là que ce qu’il y a en nous intérieurement ça a plus de valeurs que le paraître extérieur. Des fois, on se rend pas compte de l’importance de l’âme. Intérieurement, le cœur, c’est plus puissant que le paraître.

Et pour la petite anecdote sur “Sodade“. J’avais trouvé une reprise sur YouTube de Cesaria Evora. Et la reprise c’était même pas une prod, c’était une reprise orchestrale. Et les artistes, c’était un groupe polonais. J’ai galéré à les retrouver. J’ai réussi à trouver une des dames du groupe sur Facebook, elle parlait à peine anglais. Elle est allée voir ses collègues pour qu’ils m’accordent les droits et tout. C’est la petite histoire marrante sur ce son haha. 

  • D’ailleurs sur “Comme Si” on peut retrouvé Menavor, comment la connexion s’est faite entre vous ?

À la base, y’avait le projet SUCCESSOR. C’était un gars qui avait fiat un chanel youtube où il sortait des sons exclu d’artistes. Et du coup y’a eu un son de Menavor et moi aussi, j’en avais sorti un. Il m’avait juste envoyé un petit dm pour me dire lourd le son. Moi, j’avais écouté le sien, j’avais kiffé, on s’était vite fait parlé, mais pas plus que ça. Puis quelques mois après vers novembre, on s’est dm et on a fait un son pour un projet à lui qui est pas encore sorti puis un pour le mien et voilà, on a fait plusieurs morceaux ensemble.

  • Dans ta description Genius on peut trouver bon nombre d’artistes qui serait source d’inspiration, qu’est ce qui t’inspire chez eux, chez tes artistes favoris ?

Je sais pas si c’est de l’inspiration directe, j’ai jamais retrouvé la part d’eux dans mes sons. Mais j’suis toujours touché par l’écriture de certains et par la musicalité d’autres. Par exemple un Lara Fabian la musicalité est incroyable et un Brel au niveau de l’écriture, il a aucun rival.

  • Ton feat de rêve ça serait avec un d’eux ?

Haha ils font moins de bons sons maintenant. Mais en vrai je verrais bien des collaboration avec la scène française de variété, genre Iliona par exemple. Des univers que j’aime bien. Je verrais bien des petites collaborations comme ça, pas forcément dans le rap.

  • Sur “Deniya Hanya”, tu fais comprendre que tes idoles t’ont déçu, lesquels et pourquoi ?

C’était pas vraiment visé, c’était plus un état d’esprit. Tu sais quand t’es gosse t’idéalise pas mal de chose, des modes de vie, des statuts, des gens, tout. Quand je dis idoles, ce sont plus « idées » en soit.

  • “Deniya Hanya” c’est un proverbe Marocain qui veut dire « la vie est belle ». La première phrase du projet, c’est pourtant “Toujours la même merde”. Qu’est ce qui t’as fais passer de cette phrase à “Deniya Hanya” ?

C’est plus dans l’état d’esprit du projet, même dans l’outro les couplets sont pas très optimistes. C’est plus un constat en mode, vu qu’on peut pas maîtriser le temps, autant profité et considérer que la vie est belle. Tant qu’on peut voir le reflet de la lune dans l’eau, ça va.

Merci pour ton temps et pour nous en avoir appris plus sur ton projet. Grosse force pour la suite!

Merci à toi c’était vraiment cool, vous aussi!

Delta – Yakamoz

Esteban GAETANO

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