Bienvenue au Private Club

Des années après avoir formés la Cool Connexion, Jazzy Bazz et Esso Luxueux s’unissent à Edge après de multiples collaborations communes pour un projet de 11 titres qui marquera cette année 2021. Prenez quelques phases d’égotrip, quelques verres, ajoutez à cela des relations tumultueuses et saupoudrez le tout de weed : Bienvenue au Private Club.

Private Club
Source : https://www.instagram.com/p/CL4l16HAC1n/

Un projet à trois têtes

Les amis de longue date annoncent leur projet commun le 1er mars. Trois artistes aux styles différents : Jazzy Bazz, excellent kickeur mais également crooner. Il vient juste de sortir sa série d’EP Memento qui semble montrer une certaine envie de la part du parisien de revenir à sa facette des Rap Contenders. Edge, quant à lui, est un artiste mélodieux hors-pair. Cependant il kick également et il l’a prouvé aux auditeurs sur son projet très prometteur « Off ». Esso Luxueux est lui plus discret. Créateur de la Cool Connexion avec Jazzy au début des années 2010, il a réalisé de très solides apparitions sur P2 de Deen Burbigo ou encore Kylie Jenner avec Edge.


  • Ce n’est pas forcément commun de créer un projet à trois, est-ce que vous avez été confrontés  à des difficultés auxquelles vous ne vous attendiez pas lors de la conception ?

– Non tout au contraire, c’était plus facile on se pose moins de questions à trois, on s’entraide ! C’est pas 3 artistes, c’est 3 amis et ça aide à fluidifier le travail. « On n’a pas besoin de se dire grand chose pour se comprendre » ajoute Jazzy Bazz.


Ce projet collaboratif est comme une évidence pour les trois parisiens, tous membres du collectif du 19ème Grande Ville : « On a rien planifié ça s’est fait naturellement, au final on est tout le temps au studio ensemble […] on est avant tout un groupe d’amis, quand Edge un jour nous dit « les gars j’ai écrit un refrain est-ce que vous êtes chauds que je vous le fasse ? » dans la seconde d’après on savait qu’on ferait un truc tous ensemble. »

Source de la citation : Grünt Entretien

Ride & addictions

Le premier single clippé, Non-Stop, sort le 17 mars. Il met en scène les 3 protagonistes dans un Paris sombre, éclairé par les néons des enseignes de bars avec une ambiance rétro des années 80. Réalisé par Walone, le clip renforce la complicité entre les artistes et nous immerge dans cet univers dès la première écoute.

Private Club, le titre de l’album, ne pouvait pas mieux représenter l’image et l’esthétique de ce projet envoutant. Le choix des prods ne fait que renforcer cette ambiance équivalente entre les morceaux, tous enregistrés au Goldstein Studio. Ce choix n’est pas anodin comme le précise Jazzy Bazz dans l’interview Grünt : « Dans Private Club, on peut considérer qu’il y a toute l’entité Goldstein, ça inclut pas mal de producteurs, notamment Marty Santi, Johnny Ola, WavyVaye et d’autres, qui autour de ce projet là étaient dans une implication limite plus que nous ».


  • Plusieurs thèmes ressortent tout au long du projet : la vie nocturne parisienne, les néons, l’alcool… D’où est venue l’idée de cette DA ?

– C’est Esso luxueux qui a insufflé cette DA qui est vraiment propre au Private Club. Chacun de nous parle de la nuit dans nos projets, de la mélancolie aussi. C’est donc venu naturellement, et une fois qu’on avait des premiers titres dans cette direction, alors on a pris le temps de bien peaufiner la DA, et de n’intégrer que ce qui collait à ça. En plus de ça on a tous cet attrait pour une esthétique commune de la nuit, des néons, le velours, l’ambiance brumeuse, et c’était vraiment l’occasion d’explorer ça à fond. On est tous les 3 parisiens, et cette DA, à force de rider ensemble, était juste naturelle finalement.


Cover du projet par Raegular

Comme si les trois rappeurs nous amenaient avec eux pour une course nocturne dans les rues de Paris. Cette ride semble tout de même s’arrêter dans différents bars de la ville pour consommer sans modération Hennessy, Chardonnay et autre Rémy Martin. Nuits parisiennes et néons éclairants la capitale, des éléments fidèles à Jazzy Bazz notamment sur l’album « Nuit ». Le rappeur du 19ème arrondissement laisse cependant insomnies et marches solitaires derrière lui pour rejoindre Edge et Esso afin de griller quelques cigares et humer les effluves de liqueurs couteuses dès l’introduction du projet avec Montecristo.

Dans le titre éponyme, Private Club, Esso Luxueux retransmet parfaitement l’idée que l’on se fait de leurs soirées. L’ambiance festive semble au rendez-vous au sein du club : « Sa mère il est même pas minuit, j’suis d’jà foncedé, ce soir l’alcool se compte en litres de rhum ambré, impossible de rester lucide, j’vois en slow motion ». La weed est un élément plus que récurrent, notamment lors des refrains mélodieux et enivrants d’Edge.

Private Club – Non-Stop (Clip Officiel)

  • Au fil du projet on sent qu’il y a un certain schéma qui revient (Edge au refrain et Jazzy et Esso aux couplets) est-ce que c’est quelque chose de prévu et de réfléchi ou ça c’est fait naturellement ?

– Rien n’était prévu, mais Edge est très fort en mélodie. Alors quand on sélectionnait une prod et qu’on commençait à écrire dans notre coin, on essayait de rapidement passer derrière le micro pour cristalliser le premier jet. Finalement, Edge raflait souvent la mise sur les refrains, mais Jazzy Bazz ajoutait ses couplets condensés, et Esso son style nonchalant.


Lendemains compliqués

Comme un story-telling d’une soirée à laquelle Esso, Jazzy et Edge ont eu l’occasion de participer à maintes reprises ; la partie finale du projet semble plus mélancolique, triste, pensive comme une redescente d’une grosse cuite au cognac. «Trouve nous dans la ville à rouler hiver comme été, j’me sens le prince de la ville rien ne peut m’arrêter, mais tous les matins je me lève dans le mal, j’te vois dans les gradins comme si y’avait qu’toi dans cette grande salle ». La fin de soirée a sonné. La mélancolie se fait encore plus présente et intense sur la magnifique outro du projet, Hier Encore. Le nom du titre parle de lui-même et c’est sur ce morceau que les portes du Private Club se ferment.

Malgré une ambiance plus que festive très bien représentée dans le projet, la tristesse ne s’échappe pas aussi facilement des pensées des artistes. Les relations passées hantent le trio comme le prouve cette partie de l’incroyable couplet de Jazzy Bazz sur l’outro : « Je me souviens qu’on se disait inséparables, au fond de moi je le sens j’ai la rage c’est pas grave, y’a des fautes irréparables à la base on rêvait de s’évader, d’éclater les barrages, on aura pas tout dévastés c’est pas grave ». Le retour à la vie normale, hors des clubs, est difficile pour Edge, Esso luxueux et Jazzy Bazz, après une nuit à arpenter les rues parisiennes en enchainant verte et liqueur. Mais nul doute que l’escapade recommencera dès le soir suivant comme l’appuie Jazzy Bazz sur Fortuné : « Tout les jours high, tout les jours die, toutes ces journées c’est les mêmes ».

Private Club – Hier Encore

  • En écoutant le projet on a l’impression d’être en immersion avec vous dans le club, d’être à vos côtés lors d’une soirée, il y a une sorte de crescendo vers une fin plus mélancolique, est-ce que le Private Club ferme définitivement ses portes avec “Hier Encore” ?

– “Le Private club ne ferme jamais ses portes. De fait, on est tout le temps ensemble, et là, avec la sortie du projet, on espère que tous les gens qui écoutent vont continuer a le faire exister. Des clips et des surprises arrivent, l’aventure ne fait que commencer !”


L’album marquera cette année 2021, les trois amis ont brillamment réussis à réaliser un projet plus que cohérent avec une direction artistique incroyable que l’on retrouve sur tous les morceaux du projet. Installez-vous confortablement et accompagnez Jazzy Bazz, Edge et Esso Luxueux pour l’ouverture de leur Private Club.

Clique ici pour découvrir tous nos articles !

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *