Zed Yun Pavarotti, Le Mélancolique

Comment parler de mélancolie musicale sans évoquer Zed Yun Pavarotti. Le jeune prodige stéphanois de 21 ans commence tout juste à s’installer dans la scène rap français avec notamment son projet « French Cash » disponible depuis le 17 mai dernier.

Un artiste dans l’ombre

Après un rapide sondage auprès de mon entourage et de nombreux « zed quoi ?? », je me suis vite rendu compte que le nom de Zed Yun Pavarotti était encore inconnu du grand publique.  En effet pas de grandes affiches dans le métro ou sur les murs de paris, des interviews qui se comptent sur les doigts de la main, le Yun préfère laisser parler sa musique, ce qui peut être un petit peu contradictoire avec ses rêves de richesse qu’il ne cesse de répéter. Mais l’artiste parvient à mêler ces deux univers à merveille notamment grâce à sa meilleure arme : l’ironie. On peut en effet entendre dans le titre « le goût » de son précédent projet « j’reste un mec simple, je te jure que la fefe sera discrète ». Une ambition sans limite qu’on retrouvera tout au long de “French Cash”

La richesse ou nada

Ayant grandi dans une ville où une personne sur quatre vit en dessous du seuil de pauvreté, Zed Yun Pavarotti est obsédé par l’idée de réussir et donc de faire toujours plus d’argent. Comme il le dit lui-même « Le contrat, c’est d’arriver à mettre ma mère bien, de lui acheter une petite maison, qu’elle n’ait plus trop de soucis. C’est réussir financièrement. » Un passé rythmé par les déménagements et les passages des huissiers sur lequel il veut sa revanche. Etant plutôt bon élève, le Zed n’a jamais eu de problèmes avec l’école jusqu’au jour où l’idée de rester assis et de ne pas faire d’argent l’a traumatisé. C’est cette idée qui va le conduire vers la musique « j’ai eu une espèce de phobie du fait d’être assis et de ne pas faire d’argent […] et après j’ai voulu être riche mais j’étais pas assez mental pour être sportif donc j’ai fais de la musique ».

 

La noirceur du personnage

On pourrait caractériser le Zed par une certaine tristesse ou par une certaine ambition de s’élever, mais c’est son côté sombre qui ressort le plus de ses sons. Dès les premiers vers du projet précédent on plonge tout de suite dans cette ambiance : « glock sur les genoux, j’étais mieux quand j’étais mort ». On retrouve ce « goût » de la mort et de tout cet univers noir tout au long de ce nouvel album avec des « je rêve de coma » dans « Septembre » ou encore « apocalypse, mon amour je t’aime » dans le titre «  ». Une certaine angoisse d’exister, un personnage mélancolique, sombre et ambitieux voilà le portrait de Zed Yun Pavarotti.

L’amour comme bouée de sauvetage

Malgré sa plume assez morose décrite précédemment, le Yun a un autre sujet de prédilection : l’amour. Une émotion qu’il évoque de plus en plus puisque seulement 4 des 16 sons de l’album n’en parlent pas. Le Zed nous dépeint un amour plutôt triste, qui pourrait rappeler la poésie de Baudelaire, notamment dans le titre « Confetti » : « oh mon dieu que tu es belle même si tu pleures sans arrêt ». On peut néanmoins souligner le changement d’attitude du jeune rappeur qui évoquait le suicide à de multiples reprises dans son précèdent projet et qui laisse, peu à peu, l’amour le rattacher à ce monde.

La pochette minimaliste de “French Cash”

Des écouteurs, une capuche, un dimanche pluvieux et vous avez les conditions parfaites pour apprécier « French Cash »

Thomas Lopes

Une réflexion sur “Zed Yun Pavarotti, Le Mélancolique

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