Interview Simia, un personnage Spécial

Le 17 octobre dernier, Simia, le lauréat du Buzz Booster 2017 sort “Spécial”. Un projet qui arrivent deux ans après ce fameux concours. Alors qui est Simia ? Et que faut-il connaitre sur lui ? Il s’est confié à nous et à répondu a nos questions 

Pour commencer, peux-tu nous dire d’où tu viens ? Comment tu es arrivé dans le rap ? 

– Je viens de Paris, je suis né et j’ai grandi à Paris dans le 13ème arrondissement. Je n’ai pas commencé le rap très jeune en fait, j’ai commencé le rap après le bac à 18 ans. Avant, je faisais pas mal de Skate et de rock et je suis tombé dans le rap un peu par hasard. J’ai pratiquement écrit un texte avant d’en écouter. Après, je connaissais les classiques genre Eminem et les autres mais je n’étais pas un puriste, et en écrivant, je me suis dit qu’il faudrait vraiment que j’aille écouter ce qui se fait. Et là, j’ai pris ma claque et c’est à ce moment que j’ai commencé vraiment à me plonger dedans, à écrire tout en écoutant en même temps. 

Tu as pris ta claque avec quoi alors ? 

– Au début j’ai pris ma claque avec les années 90, j’ai commencé là où il fallait commencer donc j’ai écouté les classiques, « Opéra Puccino » d’Oxmo, j’ai écouté de ouf Lunatic, Rocé aussi franchement je l’écoutais à fond. Et les fin 90 – début 2000, donc Lino à fond, Nakk Mendoza aussi.

Ah oui c’était fort ça ! 

– Oui de ouf et après j’ai élargi mon champ donc j’écoute plus tant que ça les trucs des années 90, j’écoute de moins en moins de rap, j’écoute plus de Rnb. 

c’est un peu un projet où j’avais besoin de faire le point sur ma vie

Oui  je vois, qu’est-ce que t’écoutes en ce moment, par exemple ? tu n’as pas un album ou un artiste sur lequel tu bloques en ce moment ? 

 Si je suis entrain câbler de fou sur ? Je ne sais pas si tu vois qui c’est Joji C’est un gars qui a fait un colors. Il est trop chaud, c’est un mec qui est né entre le Japon et l’Australie. 

Je suis grave dans les trucs comme ça en ce moment. Il y a aussi Oliver Tree que j’ai découvert y’a pas longtemps En France, j’écoute de moins en moins de gars après j’ai pris l’album de Vald méchamment, il y aussi Freeze Corleone que je kiffe de fou. Mais je n’écoute pas forcément des trucs que je fais, après je ne sais pas si tu as capté. Là, encore hier, y’a un mec qui m’a dit « Putain mec on dirait du Nekfeu ». J’ai beaucoup écouté l’album de Nekfeu, je le trouve incroyable mais ça ne va pas être un truc que je réécoute donc c’est un peu bizarre, je n’écoute pas forcément des trucs que je fais après tu vois ? 

  Ce que t’écoutes t’influence pas forcément c’est ça ? 

-Ouais c’est ça, ou en tout cas ils m’influencent sur d’autres choses et puis je fais mon truc. 

 – En 2017, tu remportes un prix ?

-Ouais je me suis inscris un peu par hasard à un truc qui s’appelle le « Buzz Booster » c’est un tremplin national et scénique. J’ai fait pas mal de scènes, j’étais à Montréal en 2015-2016 et là-bas j’ai fait plein de scènes. On a monté un petit collectif avec des potos avec qui j’avance toujours encore aujourd’hui et on faisait pas mal de petites scènes, il y a une grosse communauté de français donc on arrivait bien à mobiliser. En revenant, j’étais un peu perdu à Paris et je ne savais pas trop quoi faire et j’ai une pote qui m’a dit « ouais vas-y inscris toi à ça » donc j’ai envoyé 3 maquettes. 

 -Et ça a fonctionné. 

  -Ouais j’ai gagné à Paris c’était chaud parce que je m’y attendais pas du tout et ça m’a ouvert quelques portes. C’était cool ça m’a permis de me prendre un peu plus, pas au sérieux, mais que j’en fasse quelque chose de plus concret que d’écrire de textes et de sortir un son une fois de temps en temps et c’est de là qu’est né le projet qui est sorti dernièrement. Je me suis associé avec une manageuse avec qui j’avance toujours, avec une équipe de tournage, avec des graphistes et ça fait un an et demi voir un peu plus qu’on bosse tous ensemble et puis vraiment ça a été un moment spécial quand le premier projet est sorti. 

cover du projet “spécial”

Oui, c’est vraiment le projet qui regroupe toutes ces années de réflexion. 

De ouf, comme tu as pu l’entendre c’est un projet qui est super introspectif.  Je parle de ma vie, y’a pas beaucoup de bangers , pas d’égotrip, c’est un peu un projet où j’avais besoin de faire le point sur ma vie : j’avais traversé des trucs un peu relou et j’avais envie d’en parler, des histoires avec des meufs, des grosses crises de réflexion donc j’avais envie de faire un projet qui était personnel dans tous les sens du terme et dire des trucs très personnels et puis aussi aller dans tous les sens musicaux que j’aime bien. Tu vas avoir des sons assez « boom bap » genre « Point Mort », des morceaux qui sont un peu plus joyeux genre « Elle fait la tête », des trucs qui vont s’éloigner un peu du rap comme « 100 fois » ou « Peur d’être seul ». J’avais envie de tout mêler. 

 y’a un truc un peu unique dans le sens trouver sa place et accepter certaines choses

-Moi,  je sais que je ne me suis pas ennuyé en écoutant le projet. Pourtant, on a des thèmes qui reviennent comme les histoires d’amour, de vie, tout ça, mais tu l’abordes différemment grâce aux prods. D’ailleurs sur ton projet c’est toujours le même beatmaker ? Tu choisis comment tes prods ? 

Il y a 4 producteurs sur le projet, il y a Yaska et Sheldon pour la plupart des prods et c’est aussi les 2 ingénieurs du projet. Yaska a tout enregistré et co-mixé ça avec Sheldon qui a arrangé des sons et masterisé et mixé le projet. Et après, j’ai bossé avec un mec de Montréal que je kiff de ouf qui a même pas 20 piges, c’est lui qui a fait « Peur d’être seul «, et Quiet Mike aussi qui est très bon, celui qui a fait « Spécial » et « Ian Curtis ». 

-Avec toutes ces instrus et ces morceaux différents, c’est quoi ton type de morceau de rap ? Celui où tu te sens le plus à l’aise finalement. 

 – Moi je me sens à l’aise sur un morceau comme « Spécial » ou comme « Ian Curtis » parce que c’est un kiff et c’est ma zone de confort mais avec ce projet j’ai aimé prendre des risques avec « 100 fois » où c’est presque un guitare-voix et en même temps y’a un beat trap qui arrive dessus où ça chante un peu. Mais je vais te dire que là où je vais me démarquer un peu plus même face à moi-même ça va être des morceaux comme « Peur d’être seul » ou « Moteur » qui sont un peu entre la pop dans le bon sens du terme et la trap. Je pense que c’est ça là où moi je me fais plaisir et que je me découvre un peu.

Ensuite, pour revenir sur le nom du projet « Spécial » c’est quoi ta définition de ce mot ? Tout le long de l’album on a l’impression que c’est un peu un fardeau, tu te sens spécial, mais dans le sens exclu. 

 –Ouais bien joué, c’est plus comme ça tu as bien capté, tu vois spécial à première vue tu peux te dire « ah ouais je suis spécial en mode je suis meilleur que les autres » mais quand tu as écouté le projet tu te rends compte que c’est pas ça.  « Spécial » c’est pas non plus pour être trop négatif ou pessimiste mais y’a un truc un peu unique dans le sens trouver sa place et accepter certaines choses. Tu vois moi avant quand je faisais du rap et que tu commences à écrire des textes t’es en mode égotrip, tu parles des meufs, toujours un peu du même truc et ça me parlait pas. Un jour, j’ai écrit un texte où je parlais vraiment de mes émotions et je me suis rendu compte que c’était un peu chelou de rapper ça devant les gens comme « Elle fait la tête » et « 100 fois » où je me mets un peu à nu au niveau de mes émotions et c’était un peu difficile de le faire au début. Je n’ai pas peur de dire que j’ai souffert en amour ou autre, je trouve que ça m’a permis moi de m’assumer. « Spécial » c’est une manière de s’assumer et de se dire « moi je suis comme ça maintenant faut m’accepter ». 

  Et dans le projet on a qu’un seul track en featuring avec Sheldon et Yaska, ça s’est fait tout naturellement c’est des mecs que tu connais depuis longtemps ? 

Jne voulais pas forcément de feat parce que j’ai mon équipe et il n’y a pas trop de rappeurs dedans et je n’ai pas envie d’aller chercher des feats pour aller chercher des feats, si ça se fait ça se fait naturellement. Je ne suis pas du genre à chercher le truc qui va marcher je m’en fou un peu. Et pour Yaska et Sheldon, Sheldon je l’ai rencontré y’a quelques années et il a enregistré des sons à moi depuis quelque temps, je valide de fou son travail. 

  Yaska c’est un des premiers gars que j’ai rencontré en arrivant à Montréal, il était tout jeune en plus et il commençait doucement à faire de la prod et il faisait du rap. On s’est bien entendus, il avait monté un stud vite fait dans sa chambre qui a évolué et je pose toujours avec ces gars-là, 3 ans que je bosse avec Yaska et 4-5 ans avec Sheldon et l’idée c’était qu’à la fin on était en stud on avait fini tout le projet. Et Sheldon il m’a dit « C’est relou qu’il n’y ait pas un feat quand même ». Nous, on n’avait pas pensé car il ne fait pas forcément des trucs comme moi mais on s’est écrit un feat au dernier jour du mix master c’était pas du tout prévu pour être sur le projet. Et ça faisait longtemps qu’on n’avait pas entendu Yaska rapper, donc on a essayé de faire en sorte qu’il fasse le refrain et voilà. Pour moi ça comptait beaucoup parce que c’est deux mecs qui sont vraiment essentiels dans ce projet, en termes de prods ils en signent 3 chacun. Ils sont tous les deux méga investis dans le projet et tu vas les retrouver pour release party avec moi. C’est trop bon de les avoir sur le projet. 

 En plus je trouve que ça va dans la continuité du projet, vu que c’est un projet vraiment personnel autant que t’aies tes proches dessus. 

 Ouais puis tu vois sur « Rouge pâle » le morceau avec eux, je ne prends pas beaucoup de place après c’est quasiment que Sheldon. On s’est pas mal posés la question, je n’avais pas envie d’arriver et dire « ok je fais tout comme c’est attendu, genre moi je fais 2 couplets et toi t’en fais qu’un » Je me suis dit en vrai les gens ils vont écouter le projet, ils vont m’entendre sur 8 morceaux autant laisser de la place. 

  Et tu nous as parlé de scènes, qu’est ce qui est prévu pour la suite ? Tu m’as dit que c’était vraiment le premier projet, la première pierre véritablement importante dans ta carrière, qu’est-ce que t’attends pour la suite ? 

 Là j’y vais par étapes, le projet est sorti il n’y a même pas un mois, je suis en train de prendre le retour, je suis en train de kiffer aussi parce qu’il faut se dire que c’est un projet sur lequel j’ai travaillé pendant 1 an et demi qui devait sortir en janvier dernier. On a repoussé de 9 mois parce qu’on voulait sortir les clips,

on voulait faire ça bien, donc c’est un truc qui attend depuis très longtemps. J’ai écrit l’équivalent de deux fois « Spécial » depuis, j’ai déjà un projet qu’attends je ne sais même pas si il va sortir donc pour l’instant je profite, je prends le truc comme il vient et je prends les retours. 

Merci à Simia d’avoir répondu à nos questions  

Paul Jobard

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