Rencontre avec SAM, jeune pépite du rap français

23 ans, encore tout à prouver, et pourtant. Sa musique mélange les influences, plus ou moins éloignées du rap, et sa plume, sombre et profonde, saura vous toucher là où vous en avez besoin. Il a sorti son premier single, Différent, au début du mois de décembre. À l’occasion du festival “Ici Demain”, rencontre avec Sam avant son passage sur scène.

Le poulain du pionnier Dj Sek débarque sur la scène rap francophone, et c’est à surveiller de près.

C’est la première fois qu’on interview un artiste qui n’a encore jamais sorti de sons, alors est-ce qu’on pourrait avoir une petite présentation ?

Je m’appelle Sam, je viens de Paris, j’ai 23 ans, je fais du rap et pas que, j’essaye de me balader un peu autour, je fais du rap à ma façon, je mêle ça avec d’autres influences.

Tu fais ça depuis combien de temps ?

J’ai commencé à écrire quand j’avais 12 ans, et j’ai commencé le rap pour de vrai à 14 ans. C’est là ou je me suis dis : “ok, c’est ce que je veux faire”. A 12 ans c’était flou, j’écris mais je sais pas trop où ça me mène, alors qu’à 14 ans j’écrivais quasi tous les jours.

T’as gardé ce rythme depuis ?

Oui j’écris beaucoup beaucoup beaucoup, après maintenant j’essaie de gérer les périodes. Il y a des périodes où je peux écrire tous les jours pendant 2 mois, et y’a des moments, comme maintenant, où je suis beaucoup plus en répétitions, à préparer les lives. C’est pareil pour les périodes de studio, y’a des périodes où je suis beaucoup beaucoup en studio, où je fais qu’enregistrer.

T’as dis que tu faisais du rap à “ta façon”, que tu tournais autour, c’est-à-dire ?

Oui je tourne autour,  je me balade un peu entre plusieurs registres. Là je travaille un projet, y’aura sûrement des sons égotrip, d’autres plus kickés, y’a des sons qui sont plus chantés, d’autres avec des thèmes plus précis. Je me balade un peu comme ça, je sais que sur le long terme, je peux pas me cantonner qu’au rap sinon je vais m’ennuyer !

Je peux pas me cantonner qu’au rap sinon je vais m’ennuyer !

Tu touches à plusieurs registres, j’imagine que t’es influencé par pleins d’univers différents, c’est quoi tes influences musicales ?

C’est assez large, il y a des influences qu’on va retrouver plus facilement dans ma musique et d’autres qui sont plus lointaines. Par exemple, je kiff de fou James Blake mais y’a pas de James Blake dans ma musique, ça y ressemble pas du tout. Sinon ça peut être aussi le rap que j’écoutais à mes débuts, moi j’étais très Time Bomb, j’écoutais Oxmo, j’écoutais Lunatic, j’écoutais ces rappeurs là. Il y a un mélange de ça, y’a des trucs plus modernes, mais j’essaie de digérer le mieux possible ces influences pour le ressortir bien après, y’a des inspis qui sont plus lointaines que d’autres.

T’as pas encore sorti de projets ni même de morceaux sur les plateformes de streaming, ça va arriver bientôt ?

Ça va arriver bientôt, pour l’instant ça va être des singles, on est en train de finir tranquillement le projet, il sortira quand ce sera le moment, ça ne devrait pas trop tarder.

SAM – Différent

De ce que j’entends, t’as l’air d’avoir un vrai univers musicalement, est ce que tu comptes associer ça au visuel, c’est quelque chose qui est important pour toi aussi ?

Les visuels sont travaillés, c’est super important, de toute façon aujourd’hui, tout le monde travaille ses visuels, après le plus important c’est de trouver une idée pour retranscrire ce qui se passe dans le son, il faut qu’il y ait un lien, que ce soit dans la continuité de ce que tu fais, il faut pas que ce soit de la musique qui sert à faire un film, c’est plus l’inverse le processus.

T’es au début de ta carrière, c’est quoi tes ambitions ?

J’aime faire de la musique, tous les jours je découvre un peu plus mon métier, j’ai envie de faire ça sur le long terme. Je pense que  j’ai encore beaucoup de choses à apprendre, tu vois là je sors d’un cours de chant, j’essaie vraiment d’apprendre à chanter, j’utilise beaucoup l’autotune parce que j’aime ça et parce que ça m’aide, mais j’ai vraiment envie d’apprendre à chanter d’être un artiste qui sait maîtriser sa voix, qui peut explorer des trucs avec.

Est ce que ça parle à des gens, pour moi c’est ça le plus important.

A court-terme, sortir le projet, voir si ça prend, est ce que ça parle à des gens, pour moi c’est ça le plus important. C’est de me dire, ça peut aider quelqu’un pour un truc, ou alors un autre il fait du sport il écoute le son ça le motive, ou un autre il a une passe difficile il écoute le morceau ça lui parle, c’est plus ces trucs là qui sont mes objectifs.

C’est quoi les sujets qui t’inspirent le plus pour écrire ?

Il y a l’amour, mais pas à l’eau de rose, plus l’amour dans le côté des difficultés dans les relations. Après y’a le dehors, très très souvent, ce rapport à être dehors, marcher dans la rue, Paris, y’a un truc assez urbain. Souvent dans mes sons il y a aussi de la nostalgie, dans les bons et les mauvais souvenirs, la nuit.

C’était ta première scène la semaine dernière, y’en aura une deuxième demain, tu appréhendes le live ?

J’ai flippé de ouf avant ma première, j’étais pas très bien, ça s’est super bien passé, beaucoup d’erreurs techniques, ça c’est normal c’est le début, mais le retour du public m’a vraiment surpris. Mais je suis encore plus stressé pour demain, parce que la dernière fois, ça s’est bien passé, mais j’ai plus tendance à voir le truc comme un coup de chance, en mode, peut être que la première partie que j’ai faite a plus plu au public parce que y’avait des ressemblances avec les artistes qu’ils sont allés voir après, demain ça va être un festival avec plein de styles différents, je me dis” ça se trouve le public sera pas touché par ce que je fais”, du coup tu sais quand t’es sur scène et que les gens ne te calculent pas c’est difficile.

Après dans tous les cas, je vais me donner à fond, tout le temps, c’est clair et net.

Après dans tous les cas, je vais me donner à fond, tout le temps, c’est clair et net, mais j’appréhende toujours.

T’as grandi à Paris ?

Non, j’ai grandi à Sens, je suis arrivé à Paris pour le lycée, j’ai trop kiffé, j’ai compris que c’était là que tout se passait. Je voulais concrétiser mes opportunités dans le monde de la musique, maintenant j’habite ici, je rentre à Sens pour voir mes potes et ma daronne quand j’ai le temps.

Tu m’a parlé de James Blake, Time Bomb, t’écoutes du rap actuel ?

Oui, je kiff PNL, Damso, SCH, après j’ai pas beaucoup de potes dans la musique mais j’ai deux potes que j’écoute beaucoup, c’est DMS et YG Pablo, je kiffe leurs musiques. Je suis un mec qui cherche, qui dig beaucoup, mais je passe pas toute ma vie à écouter du rap, je peux pas, j’ai besoin d’écouter d’autres trucs, mais j’arrête jamais d’être un digger.

Quand tu dis que t’écoutes pas que du rap, c’est quoi ?

Ça peut être Frank Ocean, le premier album de ColdplayParachute”, le reste ça me fait chier, mais le premier il est énervé, je crois que c’est même mon album totem, depuis que je suis petit, pour moi c’est leur meilleur album, zéro skip.

Et tout ça, ça peut m’influencer, par exemple James Blake quand j’écoute j’ai envie d’apprendre à chanter, y’a un passage dans son dernier album, dans “Say what you will”, à la fin il fait un vibrato, un truc comme ça je vais me le mettre en boucle, je vais me dire “putain il faut que je sache faire ça !”, parce que, un jour, je vais vouloir faire un truc comme ça, à ma façon bien sûr.

Je me rappelle que, quand Damso est arrivé, j’ai pris une grosse claque parce que c’était la première fois depuis longtemps que je ressentais des similitudes entre mon écriture et son écriture, toutes proportions gardées, j’écris pas comme Damso, mais je comprenais vraiment son écriture, et le fait de voir quelqu’un écrire comme ça, ça me renforce dans l’idée que je peux écrire de ma manière et que ça peut parler aussi, parce que quand il arrive on a jamais vu une écriture pareil, mais ça me parle de fou !

Ces similitudes dans l’écriture, c’est dans le côté sombre de Damso ?

Ouais, puis y’a une façon de décrire les choses, c’est très visuel, très imagé, Booba il avait ça aussi mais moi ça m’a toujours parlé, y’a beaucoup d’images dans mon écriture mais je vais le faire à ma manière, 

C’est quoi ton feat rêvé ?

En France il est déjà fait, mais je ne sais pas s’il va sortir un jour. Dans le monde j’ai envie de te dire James Blake, même si ça arrivera jamais, j’ai envie de te dire pour moi tu vas dans un studio juste t’es à côté de Kanye tu le regardes faire c’est un feat, t’as appris trop de trucs.

Merci d’avoir répondu aux questions, hâte d’écouter les projets à venir !

Merci à vous !

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