L’orientation #2 : Nathan Aubugeau (créateur)

Dans le rap, il n’y a pas que les rappeurs. C’est bête à dire, mais on ne connait que trop peu les hommes de l’ombre. Avec l’orientation, le but est donc de mettre en lumière les personnes qui incarnent ces métiers ainsi que leurs parcours
Deuxième épisode aujourd’hui avec le créateur de la marque Rétro Football Gang, Nathan Aubugeau. 

Nom, prénom, âge ce que tu fais et ce que tu voulais faire enfant ?

Hello l’équipe.  Je m’appelle Nathan Aubugeau, j’ai 26 ans, je suis originaire des Landes et comme bon nombre de petits garçons, je voulais être footballeur. 

En quoi consiste ton métier  ?

Aujourd’hui, je travaille sur Madrid pour ma marque Retro Football Gang. J’ai créé RFG après mes études en 2018 et mon objectif était d’allier mes passions (le foot & le rap) avec mes études dans le marketing international et la mode. J’avais fait ça tranquillement au début puis petit à petit c’est devenu plus sérieux. 

collection en hommage aux “enfants terribles” du Foot français

Retro Football Gang, c’est une marque de football qui s’inspire des Nineties & de la Culture Hip-Hop. Chaque mois, on drop des nouveaux tees qui sont directement influencés par le streetwear américain des années 90 avec des t-shirts nous remémorant ceux de Tupac ou d’Iron Maiden mais version foot. 

Quel type d’élève t’étais?  

J’étais un élève très curieux, j’aimais bien l’école mais j’étais très bavard et pas le dernier pour faire le con quand l’opportunité se présentait. 

C’était quoi tes passions ?

Ma principale passion c’est le football et ça depuis tout petit. La maison de mes parents donne sur un terrain de foot, je voyais des enfants plus grands jouer, ça donne envie de taper dans la balle, je voulais faire pareil. A 4 ans, la France gagne la Coupe du Monde et comme  probablement beaucoup d’enfants de ma génération, j’ai voulu m’inscrire dans le club de foot le plus proche pour devenir le prochain Zidane. J’ai également appris à lire grâce à ce sport, via Onze Mondial, donc le foot fut très important. 

Dans le même temps, et ce jusqu’à aujourd’hui, je me bute au rap . Je suis le plus petit de ma famille donc j’écoutais la musique de mes grandes soeurs. Je passais mes après midi soit à jouer au foot, soit à regarder Mcm & Mtv.  J’étais beaucoup plus porté RAP US mais l’arrivée de l’Entourage, Espiiem ou encore Joke en 2012, m’a clairement poussé à m’intéresser de plus près au rap français.

Comment es-tu venu jusqu’à la mode ? Comment es-tu tombé dedans ?

A la base j’ai fait des études dans le Commerce International (CI) car je voulais voyager.  Mon premier stage à l’étranger c’était à Rotterdam, pour une marque de streetwear qui produisait des vêtements en prison dans le but de réinsérer les détenus . 

C’était génial, l’espace était partagé avec une dizaine d’artistes, en mode coworking. C’était en 2012, c’était pas trop connu en France mais aux Pays-Bas c’était déjà bien installé. Le cadre de travail était très très cool et le stage aussi donc j’ai voulu continuer dans la mode. 

Suite à mon BTS CI, j’ai fait une Licence Pro dans le CI. J’ai réalisé un stage en  Nouvelle Zélande pour une marque outdoors qui faisait la promotion du pays à travers des pièces rappelant le Ralph Lauren des années 90.  J’ai continué en Master Commerce International à Barcelone pour une marque de chaussures pour femmes de style scandinave.

Ces expériences m’ont tout simplement fait prendre conscience que je voulais travailler dans des petites structures mais que je voulais aussi être dans ce secteur, la mode et plus particulièrement là, dans le streetwear. J’ai donc, pour mon ultime stage en Master, été focus sur la création d’une marque. 

JeanJass avec un t-shirt Rétro Football Gang

Raconte-nous ! 

La marque devait s’appelait Heritage Club. Je voulais reprendre des affiches des cheminots ou de compagnies aériennes qui mettaient en scène les villes touristiques françaises. Mais juste après le même concept est arrivé avec des affiches . Je voulais faire un truc quali’ et j’avais pas forcément l’argent nécessaire pour ce que je voulais réaliser. 

En plus, ce n’était pas quelque chose qui me représentait, j’avais du mal à m’identifier à la marque. Je pensais plus à faire mon mémoire qu’à réellement avancer sur ça. 

Donc j’ai laissé tomber et j’ai fait un travail sur moi-même pour faire en sorte de créer une identité qui me ressemblait, qui alliait mes passions et qui était unique ou tout du moins différente de ce qui ce faisait.  Retro Football Gang était né

Être l’employé de Jean Michel Aulas est la plus belle chose qui puisse m’arriver assurément. 

C’est quoi l’événement qui t’a rendu le plus fier dans ta vie pro ?

Honnêtement, j’en ai pas car j’ai pas eu une vie pro très folle et surtout parce que je suis un éternel insatisfait. Mais s’il faut en choisir 1 dans ma vie pro et 1 avant je dirais:

  • Durant mon premier stage au Pays Bas, j’avais filé un tee à Lomepal et il  l’avait porté dans le clip “A ce soir”, j’étais content c’était mon premier stage et j’avais été le responsable direct de ça, c’était cool. On avait pu communiquer et il gagnait rien du tout à cette époque sur ses projets (le projet c’était Cette Foutue Perle)

  • Pour RFG, je suis fier et  heureux quand des mecs croisent d’autres mecs avec mes tees. Quand je reçois des commandes du Japon, d’Australie des US c’est cool de savoir qu’on porte ton tee partout. 

C’est quoi qui est compliqué quand on débute dans ce monde-là ?  

-S’extraire du schéma classique et du monde du salariat (même si c’est trendy maintenant de monter sa boite) c’est assez difficile, il y a plein d’avantages. 

-Travailler seul c’est dur, parfois faut s’auto-motiver, la vie sociale n’est pas meilleure. 

– Etre inconnu, pour vendre aujourd’hui sans montrer sa tête c’est difficile 

– Se lancer en travaillant sur certains aspects qu’on n’a jamais vu auparavant, notamment photoshop pour la création des designs et la photographie. 

La collection en hommage au Barca’

C’est quoi ta première expérience dans le monde du travail ? (Genre job étudiant etc)

Ma toute première c’était le castrage de maïs comme tout bon landais qui se respecte. Je vous laisse checker en quoi ça consiste sur Google. 

C’est quoi ton travail de rêve ?

Mon boulot de rêve c’est de travailler pour le merch et la DA de l’Olympique Lyonnais mais avec une vue sur l’Océan Pacifique, du Nate Dogg ou du Yung Lean dans les oreilles et de m’entourer de gens compétents qui sont là pour créer quelque chose et non pour copier. Être l’employé de Jean Michel Aulas est la plus belle chose qui puisse m’arriver assurément. 

Aujourd’hui comment tu sens ? Quels sont tes objectifs ? 

J’ai un peu plus de pression qu’auparavant. Sans travail à côté, mon salaire dépend de mon CA donc je me dois de vendre et de vendre beaucoup!  

Je vais aussi créer de nouveaux produits en faisant de l’up-cycling, autrement dit   je vais réutiliser des habits et accesoires pour en créer des nouveaux. 

Je me suis professionnalisé dans mon process, maintenant je travaille avec des ateliers plus réactifs. Je sais où je vais. Mon objectif c’est de tout péter, de vendre un max, de gagner de l’argent de cette passion et pour ça faut que je reste focus et exigeant, chose difficile quand on est seul et qu’on est son propre patron

D’ailleurs s’il y a des jeunes qui veulent faire un stage dans la communication ou la photo sur Madrid, qui veulent s’épanouir, suivre la vie d’un auto entrepreneur et se faire rémunérer en tapas & cana n’hésitez pas. (retrofootballgang@gmail.com)

As-tu un conseil pour les gens qui voudraient se lancer dans la même voie que toi ?

Lancez vous en ayant l’idée de faire quelque chose qui vous ressemble mais ne faites pas ça parce que c’est “à la mode” de le faire. “Il suffit de le faire” comme dirait Ichon et soyez courageux. 

Le site de Retro Football Gang ici 

et leur Instagram ici 

Interview par Paul Jobard

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