l’Orientation #1 : OB (Beatmaker)

Dans le rap, il n’y a pas que les rappeurs. C’est bêtes à dire, mais on ne connait que trop peu les hommes de l’ombre. Avec l’orientation, le but est donc de mettre en lumière les personnes qui incarnent ces métiers ainsi que leurs parcours
Premier épisode aujourd’hui avec l’entrepreneur et beatmaker OB  

Nom, prénom, âge, ce que tu fais et ce que tu voulais faire enfant ? 

Decoster Tom, 21 ans, originaire de Lille, mon nom de beatmaker c’est OB. Mon rêve de gosse ? Ouvrir une pizzeria ou être footballeur. 

En quoi consiste ton métier ? 

Aujourd’hui j’ai plusieurs « métiers » : Je suis dans un premier temps beatmaker ce qui consiste à créer des instrumentals pour des artistes, des films, des publicités, etc etc. Dans un second temps j’ai monté ma propre société PLVCE. C’est une société d’édition, de communication et de management d’artistes. 

Quel type d’élève tu étais ?  

Durant ma scolarité, j’ai toujours été un bon élève jusqu’au lycée où là j’ai découvert ma passion pour la musique qui a pris une grande part dans ma vie. A partir de ce moment-là j’ai vu mes notes chuter car je faisais le strict minimum pour valider mes années et pour décrocher mon bac (il a obtenu son bac ES). Maintenant, j’ai compris qu’il fallait continuer les études, mais quand j’ai découvert la production, j’étais en seconde et c’était difficile pour moi d’arriver à accorder du temps pour autre chose au-delà de ça et le sport. Aujourd’hui, j’ai continué et persévéré et j’ai eu la chance de rentrer en école de commerce à Marseille.

C’était quoi tes passions ? 

J’avais une grande passion, c’était le sport et principalement le foot. J’étais vraiment un footeux depuis mon plus jeune âge. Mais j’ai la chance de vivre d’une autre de mes passions qui est la musique. D’ailleurs  j’étais très musique électronique quand j’étais plus jeune, donc rien à voir avec le rap, c’est vraiment quand j’ai terminé le collège que j’ai découvert ma grosse passion pour le rap et la production en général. 

Comment es-tu venu jusqu’au rap ? Comment es tu tombé dedans ? 

C’est à force d’écouter. Avec mes potes on était très curieux, on regardait les clips de Booba, Seyfu ou encore Rohff à l’époque. C’est eux qui nous ont plus ou moins mis dedans. Puis après j’ai commencé à écouter Skyrock (On m’avait offert une chaine hifi pour Noël) avec la radio libre de Difool, les cut Killer show où là je téléchargeais les podcasts sur mon ipod. J’étais matrixé. Après j’ai commencé à même m’intéresser au rap au niveau international avec Drake, Futur ou encore Rick Cross, Meek Mill, Ace Hood. Quand j’ai découvert ces gars j’ai commencé à m’intéresser à leurs beatmaker. En France à cette époque tu entendais beaucoup Therapy. Aux US tu avais Zaytoven, la 808 Mafia, Lex Luger, Scott Storch, etc … Ils étaient trop forts, donc j’ai cherché à reproduire et en persévérant je suis arrivé là où je suis aujourd’hui. 

Quel a été ton premier placement ? 

Je vais t’en dire deux. Le premier c’est la première fois où on m’a bloqué une prod. C’était l’ordre du Périph’ qui m’avait bloqué la prod pour enregistrer un feat avec Sopico pour leurs premières mixtapes. Au final, ce n’est pas allé jusqu’au bout, mais j’ai quand même reçu la maquette. Le son est quand même passé dans leur grünt (le 32). J’étais content que Sopico ait posé dessus. Juste après, j’ai eu un américain qui a suivi, King Blitz, un rappeur complètement inconnu. On avait fait la prod avec un pote au fond d’un garage (Blueyez) et on l’avait posté sur insta avec pas mal de hashtag. Le gars est tombé dessus, nous a répondu “trop bien ! J’aime trop la prod”. Donc on lui a filé la prod, c’est devenu mon premier placement. Premier placement directement aux Us, je trouve ça cool.

C’est quoi le placement dont tu es le plus fier ? 

Da Uzi, plus belle la vie (Produit avec ADR). C’était un truc de fou de sortir en tant que premier single d’un album aussi attendu. Le son a pété tous les scores que j’avais pu faire auparavant, c’est incroyable. Ça m’a ouvert plein de portes donc forcément c’est ma fierté, mon petit bijou. 

C’était quoi tes premières galères ? 

Ma première galère c’était tout simplement l’ordinateur. Le problème quand tu commences c’est que tu n’as pas grand chose. Pas de carte son, pas d’argent pour acheter les logiciels. Tu as rien. Et en plus tu connais rien niveau technique pour que ça devienne plus simple. Donc à l’époque j’avais un vieux PC qui valait pas grand chose. Le logiciel il ramait, en plus je pensais l’avoir craqué mais c’était une version démo un peu bizarre. Tu installes t’es VST, mais ça te fout des virus enfin tout un tas de galères que je pense que tous les beatmakers ont connu au début. Mais il n’y a pas de miracles, pour sortir des bonnes prods il faut être dans de bonnes conditions et cela passe par de l’investissement. 

C’est quoi ta première expérience dans le monde du travail ? 

J’étais vendeur chez Decathlon. Et je le referais volontiers, je trouvais ça incroyable. J’étais au rayon foot donc ma passion. Je parlais de ça toute la journée et j’étais payé pour le faire ! Et puis ce côté commerçant où tu discutes, tu négocies avec les gens. J’adore ce côté-là, d’ailleurs on le retrouve énormément dans la musique aujourd’hui. Sur les négociations des contrats, les ventes d’instrumentales, etc etc … 

Aujourd’hui comment tu te sens ? 

Aujourd’hui, je suis déjà très content du peu que j’ai accompli. J’ai démarré sérieusement à placer en 2017 et chaque année depuis le début ça ne cesse d’augmenter. Donc mon objectif pour 2020 c’est de faire encore mieux. Je suis content de mon travail en ce moment car j’ai de nouvelles opportunités et je sais que j’ai potentiellement de belles sorties qui arrivent. Enfin, j’ai envie de continuer à toujours plus travailler, développer tout ce que j’ai lancé, notamment PLVCE. Ou encore me pencher vers le développement d’artistes. 

C’est quoi ton taf de rêve ? 

Mon taff de rêve ? C’est celui qui me permet de mélanger passion et travail. Ouvrir mes propres studios/structures tout en travaillant avec un maximum d’artistes. 

As-tu un conseil pour les gens qui pourraient se lancer dans la même voie que toi ? 

Persévérance. C’est un milieu qui est compliqué et qui demande beaucoup de temps pour se développer. Tu ne peux pas te satisfaire d’un truc moyen. Moi, chaque jour je continue a travailler, et je me satisfait rarement de mon travail. Par exemple la prod de Da uzi, elle me satisfait pas encore au maximum, quand je l’ai envoyé je trouvais que j’avais fait une construction bizarre. L’autre conseil que je peux donner c’est d’être curieux et vouloir toujours en apprendre plus.

Paul Jobard

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