Laylow – Raw-Z

3 décembre, 20h 30. Je checke tranquillement mon Twitter au lieu de réviser, comme un jeune cliché sorti tout droit d’une pub que je suis, et là je tombe sur une nouvelle qui va me réjouir de la part de Laylow : « Nouveau clip Mercredi» avec les premières images du clip de «Maladresse», autant vous dire que je suis charmé d’entrée de jeu.

Le mercredi arrive, sans surprise, le clip et le son sont une claque, enfin de l’habituel pour le rappeur Toulousain.

.RAW-Z est annoncé et sors dans la foulé ( le 7 décembre) en même temps que la réédition de Dinos ou l’album de Lomepal et sans aucune véritable promo.

Sur l’album on retrouve inévitablement Wit (sur z-machine) mais aussi Madd, le rappeur Marocain sur le morceau « Visaa». L’artiste de la ville rose et Madd avaient déjà collaboré ensemble sur «Money call» qui, au moment où j’écris cet article, est le morceau le plus populaire où l’on peut retrouver Laylow avec 4,7 millions de vues, un joli score.

Comme sur les 3 précédents projets .RAW-Z se divise en 10 sons avec leurs particularités propres mais un univers commun assez proche, à savoir une sorte de mélancolie profonde et une utilisation marquée de l’autotune, caractéristique emblématique de la voix de Laylow.

La première moitié des instrus est réalisée par Dioscure ( Maladresse, Visa, Hello raw-z, Prince de sang mêlé, Z-machine). Le beatmaker français avait déjà collaboré plusieurs fois avec Laylow sur des titres comme Avenu ou Ciduad qu’on retrouve sur le projet précédent (.RAW). Le beatmaker Mingo, qui avait réalisé 2017 de Ichon, est lui aussi présent sur le titre Amy. Le 3ème beatmaker français à placer une instru dans cet album est Benjay avec Swish. Benjay est l’auteur des instrus Festival de rêves ou 60 années de Damso, de AAA ou Gozier de Plk ou encore de Finis-les d’Alonzo. Dans les beatmakers étrangers on retrouve l’allemand Sott et le natif d’Atlanta Cassius Jay (qui a notamment collaboré avec Cardi B et Future)

Les thèmes de l’album sont très sombres et on le comprend dès le premier morceau : « J’voulais écrire des sons positifs, mais j’crois qu’il y’en a aucun dans mon 10 titres, shit». Laylow se situe entre les Paradis artificiels et le spleen de Baudelaire, mélangé à une influence de Atebaya (anciennement Joke) pour l’amour des femmes. Le tout avec des visuels digne de Nicolas Winding Refn dans The Neon Demon avec des couleurs basées sur celles des néons ou des éclairages sombres renforçant le côté mélancolique et futuriste.

.RAW-Z est la suite logique de .RAW sorti un peu plus tôt dans l’année. Une version 2.0 dans le même registre, mais encore plus sombre, encore plus triste, encore plus Laylow finalement. Et cela fonctionne bien, plus de 120 000 personnes l’écoutent mensuellement sur Spotify, son clip Maladresse a réalisé plus de 600 000 vues en 1 mois, ce qui est un bon score pour l’artiste. Le rappeur continue donc son sans faute avec ce projet.

Paul Jobard