Kobo valide sa période d’essai

L’année 2019 a incontestablement été marquée par des projets de qualité qui ont permis de révéler ou de confirmer de jeunes talents de la scène rap francophone : Oboy (Oméga), Dinos (Taciturne), Zikxo (Temps), Némir (Némir) ou encore Captaine Roshi (Attaque)… (Bon il fallait s’arrêter à un moment mais la liste est longue.) Parmi eux, l’énigmatique Kobo s’est révélé avec un premier projet pointu et aboutit : Période d’essai. Un album aux teintes à la fois sombres et planantes.

Le verdict critique est sans appel : le jeune belge ne s’est pas contenté du minimum. Lui qui n’avait pourtant pas prévu de faire carrière dans la musique, il passe avec brio sa période d’essai et se titularise dans le rap francophone avec un contrat à durée illimitée, on l’espère. Retour sur le parcours du mystérieux Kobo. 

Présentation

Kobo (qui signifie noir en lingala) s’appelle vraiment Kobo et il naît en 1992 à Bruxelles. Produit de plusieurs environnements comme il aime se décrire, il grandit dans son pays d’origine, le Congo, là où il découvrira la musique et façonnera son âme artistique, influencé (entre autres) par la West Coast (Nas, 2pac, Nate Dogg…). Il retourne en Belgique en 2010 passant par plusieurs régions pour finir sa route à Bruxelles. C’est en 2016, à 24 ans, qu’il publie un premier titre incisif « What’s my name » mais c’est avec le captivant « Présumé Sobre », son deuxième single, qu’il commence à se faire re- marquer. 2 titres aux sonorités différentes, premiers témoignages de la pluralité musicale du rappeur. 

Le début de l’histoire

Validé par son ami de longue date Damso, un autre belge alors en pleine explosion, Kobo élargit considérablement sa visibilité. En 2017, il est invité par Fianso pour performer dans son émission « Rentre dans le cercle ». En parallèle, il contribue à la BO du film Tueurs avec le titre au message fort Au pays des Droits de l’homme. Au fur et à mesure de ses apparitions et de ses realeses, Kobo se construit un style libre à la fois brut et artistique : personnage masqué, esthétique maîtrisée, timbre de voix atypique et mélodies hypnotiques. Un potentiel qui le mène vers une signature en maison de disques, chez Polydor. 

Période d’Essai

En 2019, Kobo fait (littéralement) tomber le masque avec le projet Période d’Essai. Sur la cover, il apparaît pour la première fois à visage découvert, tout en affichant son double masqué, comme pour illustrer la dualité qui le caractérise. Car oui, pour son premier album solo, Kobo se dévoile et nous fait part de ses pensées torturées à travers une introspection maîtrisée. Partagé entre « son alter-ego masqué et sa vraie personnalité ». 

Il fait le choix de thèmes plutôt classiques dans le rap : la rue, l’argent, la drogue, l’amour ; qu’il assaisonne de son style atypique. Le jeune rappeur parvient à nous transporter dans un voyage aérien, parsemé de mélancolies et de brutalité, de douces mélodies et de sombres kicks. Des lyrics parfois tranchantes contrastées par un sens aiguisé de l’esthétique, avec des clips léchés et réfléchis (en témoigne le double clip Nostalgie x Succès, pensé comme un court-métrage). 

Un album formidablement bouclé avec un mixage mené par nul autre que Nk.F (l’ingé son derrière Orelsan, PNL, Damso, Siboy…). Bref, aucune fausse note pour Kobo qui s’impose avec un premier album aboutit où il nous révèle l’étendue de ses possibilités. Album qui attend encore le succès qu’il mérite. Alors offrons lui la vie de rêve et allons streamer ça fort. 

 

Jihane Hadjri 

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