Il est grand temps de respecter Young Thug

Le nom incontournable de Young Thug ne vous laisse pas indifférent et pour cause, à l’instar de sa musique, son personnage divise.  

Depuis sa première mixtape en 2011, I Came from Nothing, la discographie de Jeffery s’est déja bien remplie (honnêtement, je pense qu’on doit arriver à trouver 250 voire 300 titres sur lesquels est présent Young Thug), de surcroit, il avoue posséder des milliers de morceaux stockés sur son disque dur et n’oublions pas Metro Thuggin ou High Tunes, projets qui n’ont jamais vu le jour. Mais cette productivité hors du commun n’affecte en rien sa créativité.

Il représente au delà du microcosme du rap, l’accomplissement artistique, faisant de lui une sorte d’idole intouchable. Son influence musicale se ressent dans le rap actuel autant aux Etats-Unis qu’en France ou dans le reste du monde. Sa musique, son style, son personnage ne font qu’un. Il s’amuse des codes, manipule chaque objet pour en faire ce qu’il en chante. A la manière de Marcel Duchamp, la patte de Young Thug suffit à transformer le banal en art. Cette capacité ne se prête qu’aux grands avangardistes dont le génie artistique résiste aux exigences de l’industrie musicale. Et s’il est toujours aussi omniprésent dans le rap jeu, même après les controverses que son personnage a pu connaître, c’est qu’il demeure une source de créativite inspirante pour chaque rappeur en quête de nouveauté artistique. Toutes les personnes ayant croisé son chemin s’accordent à dire que chaque session studio avec Jeffery constitue une expérience hors du commun.

 « Lorsque vous commencez à écouter la musique de Young Thug, le fait qu’il pourrait devenir le plus exceptionnel des rappeurs semble risible. Et lorsque vous avez terminé, ça vous semble indéniable » disait un article du Washington Post en 2015. L’ATLien est d’ores et déja, aux côtés de Andre 3000 ou Kanye West, l’un des génies musicaux de notre art, ayant inspirés des milliers par son aura, sa musicalité et son aversion des codes et des genres. Concrètement, qui peut se targuer d’avoir à 27 ans, eu autant d’impact sur son art et une discographie aussi bien fournie. 

Son détachement de tout est sûrement sa marque de fabrique. Il s’en fout de ce qu’il porte, de ce que les autres pensent de lui et même, j’en suis convaincu, de sa musique. Young Thug n’est pas intéressé dans la domination du game. Sa musique est spontanée, instinctive, à tel point qu’il évolue dans sa propre sphère artistique où l’industrie musicale n’a aucune emprise. Il est une étoile filante que nous devons apprécier sinon considérer la traînée lumineuse qu’il laisse derrière lui plutôt que de nous attarder sur ses extravagances. 

Jules Binnert