Entretien avec Haitch

Haitch fait partie de ces innombrables talents issus de la scène belge. Entre sons aux assonances très « cloud » et morceaux beaucoup plus traps, le jeune rappeur originaire de Liège a su se créer une véritable identité. Aujourd’hui on a pu lui poser quelques questions sur sa musique ou encore sur l’arrivée de la nouvelle vague belge.

T’as sorti ton premier projet « Sin City » en novembre 2018 et t’as clippé il y a une semaine le titre « La potion » (morceau extrait de l’album), est-ce que ça marque la fin du l’exploitation du projet, et pourquoi pas l’arrivée d’un prochain album ?

  • Oui totalement. « La potion », c’est un clip que j‘ai drop tardivement mais qu’on a réalisé l’hivers dernier, au mois de mars. On a fait le choix de le sortir que maintenant pour marquer la fin de l’exploitation du projet et de tous les titres sortis entre-temps. Maintenant on va pouvoir se concentrer uniquement sur le nouvel EP qui va surement sortir d’ici cet été. 

D’ailleurs, en parlant de Sincity, le cinéma c’est une grande source d’inspiration pour toi ? 

  • Ouais bien sûr, le cinéma, les films, les séries, c’est un monde qui me parle énormément. Là, pour te dire, je suis en train de me refaire The Wire donc il y a de grandes chances que tu retrouves des références dans les prochain projets. De toute façon, ma musique c’est un condensé de tout ce que je vis et de tout ce que je vois, que ça soit mon vécu ou les films que je regarde.

Entre 2014 et 2016, on a eu l’arrivée d’une énorme vague belge avec des Damso, des Roméo Elvis, des Hamza par exemple. J’ai l’impression qu’on peut s’attendre à une énorme deuxième vague avec des artistes comme toi, YG Pablo, Geeko, ou encore Green Montana, comment t’expliques qu’en 4/5 ans le rap belge ait pris une telle importance dans le paysage francophone ?

  • Ça fait longtemps qu’on a des rappeurs très talentueux ici. On a simplement pris le temps de faire germer toute une génération d’artistes qui nous ont ouvert la porte. Il suffisait juste d’avoir un ou deux artistes qui se fassent voir sur la grande scène pour apporter une visibilité. Ça a commencé à Bruxelles avec Damso, Krisy ou encore Hamza et maintenant ça commence à s’exporter dans des villes comme Liège avec des mecs comme moi ou Bakari. Le talent a toujours été là, il nous manquait juste une certaine médiatisation.

T’as fait les Ardentes en 2017 et 2018, t’as fait la première partie de pas mal de gros artistes, la scène c’est quelque chose qui te parle vraiment ou t’es plus un ermite du studio ? 

  • J’ai pas forcément de préférence, je peux rester des jours enfermé en studio, comme je peux enchainer de la scène tous les jours. J’ai commencé les concerts à 13 ans, donc si je devais vraiment choisir je te dirais la scène par ce que c’est vraiment là que tu peux donner toute ton énergie, avoir une réelle communion avec ton public.

On t’a vu faire la une de la playlist « Forcing club » de Martin Vacheri ou encore une performance live sur Tarmac, est-ce que ça t’as rajouté une pression supplémentaire de te dire « ça y est je suis un « rookie », les gens attendent après moi je peux plus vraiment me louper » ? 

  • Non vraiment pas, puisque j’ai toujours eu du soutien de ma ville, il y a toujours eu un certain engouement autour de moi. La pression c’est vraiment un truc que je mets de côté, je me dis juste que je fais ce que j’aime et qu’il n’y a pas de raison que ça ne marche pas. 

Hier t’as sorti « trop de sapes », un gros son trap un peu à l’opposé de ce qu’on pouvait entendre de toi dernièrement. Est-ce que c’est un style que t’as vraiment envie de pousser ou c’était juste un délire come ça sur le coup ? 

  • Ouais comme tu dis j’ai vraiment deux styles d’ambiance, avec des sons où y’a beaucoup plus de vibes, c’est vraiment plus aérien, et puis y’a le délire où je trap vraiment. Les gens qui m’ont connu et qui m’ont poussé au début c’était avec ce dernier style donc je veux vraiment essayer de revenir à ça. 

A quoi on peut s’attendre pour le futur, est-ce que Sin City 2 c’est toujours d’actualité ? 

  • Ouais bah comme je t’ai dit, j’ai un EP qui sort cet été normalement qui sera vraiment un projet intermédiaire et fin d’année, si tout va bien, on aura Sin City 2. Après, je suis quelqu’un de très productif donc je peux pas tout prévoir à l’avance mais pour l’instant c’est ce qu’on a en tête. 

Thomas Lopes 

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