Entretien avec Bekar, l’étoile montante du Nord de la France

Le 22 mars dernier, Bekar un jeune rappeur lillois, sort son premier projet “Boréal”. Un projet qui vient récompenser plusieurs mois de travail. Mehdi Maïzi en parle comme le nouveau phénomène du nord de la France, le premier depuis Gradur. Alors qui est Bekar ? Et que faut-il connaître sur lui ? Il s’est confié à nous et a répondu à nos questions.

Bekar ? Raconte-moi qui tu es?

Je suis né à Madrid, j’ai grandi à Roubaix où je suis arrivé à 7 ans, après quelques passages par d’autres villes françaises. Mais depuis deux ans, je suis à Lille où j’ai effectué des études de graphisme pub, enfin un peu dans tout le domaine du design. Aujourd’hui, j’ai arrêté pour me consacrer exclusivement à ce que j’aime, la musique. Je ne pouvais pas faire les deux à fond. Je consacre donc maintenant toute mon énergie au studio, au répèt’ et à l’écriture.

Pourquoi Boréal ?

Boréal vient d’un mot latin (borealis) qui signifie vent du nord, un clin d’œil à mes terres d’adoption. De plus, il y a l’idée de nouveau vent du nord comme un nouveau souffle pour la nouvelle génération dont je fais partie. Enfin, j’aime l’image des aurores boréales, plus particulièrement le fait que dans un noir total naisse de la lumière. Cela me caractérise et caractérise mon album, qui est sombre mais pas que. De plus, c’est un phénomène qui vient des pays froids et chez nous, dans le Nord, l’hiver est froid, dure longtemps et il est sombre. Mais pourtant, ici l’esprit est festif et dans ce froid, il y a de la lumière et de la joie comme dans les aurores boréales.

Je voulais un projet qui me ressemble, une sorte de présentation.

Parle-moi de l’aventure autours du projet

J’ai mis plusieurs mois à réaliser ce projet, je le fais avec les gars de mon équipe que je connais depuis longtemps. Je voulais un projet qui me ressemble, une sorte de présentation. C’était donc important d’être le plus sincère possible. Ainsi, tu peux retrouver un projet grandement mélancolique, mais pas que, car je ne suis pas que tristesse, j’ai aussi des moments de joie. Juste c’était aussi important de le faire par à rapport à ceux qui me suivent dans mes moments de doute car ils me constituent aussi, enfin comme tout jeune de vingt ans.

Tu me dis que c’est un projet pour se présenter, tu comptes donc le défendre longtemps ou vite passer à autre chose ?

Comme je te l’ai dis, je l’ai réalisé sur une longue période, j’ai donc envie de le défendre pendant pas mal de temps avec des clips qui arriveront tout au long de l’année et en tournant un peu dans les festivals ou dans des premières parties. Cet album va m’accompagner au moins jusqu’à début de 2020.

J’aime jouer avec les mots, pouvoir faire passer différentes émotions.

Dans “Téla” tu parles de l’importance de l’écriture pour toi, tu peux m’en dire plus, quel rôle cela a joué pour toi ?

L’écriture m’a permis beaucoup de choses en vrai. J’étais parti sur des études de dessin de base, autre chose que j’aime beaucoup. Mais l’écriture me convient finalement mieux, je me sens plus libre avec. J’aime jouer avec les mots, pouvoir faire passer différentes émotions. Je m’éclate réellement avec ça. Puis j’écoute du rap depuis longtemps, c’est donc une culture qui m’est vraiment familière.

Dans ton album tu fais pas mal de référence au rap, donc parlons donc de ce que tu écoutes, de ce qui t’influence ?

En ce moment, forcément je te répondrais PNL (nous sommes 3 jours après la sortie d’au DD), sinon en ce moment je suis complètement fasciné par 13 block. J’écoute beaucoup de rap français, mais très peu de rap US.

Comment es-tu tombé dans le rap ?

Je n’ai pas toujours écouté du rap. En fait, jusqu’à ma troisième j’en écoutais presque pas. Moi, je faisais du skate, donc je me tuais aux musiques qui étaient dans les vidéos. Puis mes potes ont commencé à écouter beaucoup. Je suis donc tombé dedans pour plus jamais en sortir. Le premier choc réellement que j’ai eu c’est quand j’ai découvert l’album Mauvais œil de Lunatic. Je suis arrivé dans la période du clash entre La Fouine et Booba, qui m’a beaucoup marqué et amusé à l’époque et je me suis dit “wow je ne veux plus jamais quitter ce monde-là”.

La validation par Medhi Maizi ? On le dit pas , mais évidemment c’était un objectif

On a vu Mehdi Maizi parler de toi dans les 5 morceaux de la semaine, quel rapport avec l’industrie du rap as-tu ?

La validation par Medhi Maizi ? On le dit pas , mais évidemment c’était un objectif de tombé dans ses oreilles. C’est sûrement le meilleur journaliste dans le milieu actuellement, alors forcément ça fait plaisir. Je savais qu’il suivait un peu, mais je ne pensais pas qu’il allait écouter le projet, alors qu’il en parle en plus, c’est une satisfaction. Mais je n’ai pas envie de m’arrêter là, j’ai eu énormément de bons retours sur le projet de la part des critiques comme du public, je suis content pour moi comme pour mon équipe.

C’est quoi ton équipe ? Tu peux nous expliquer avec qui tu bosses ?

Mon équipe c’est North Face Records qui est composé de trois rappeurs (Bekar,Balao et Salek), de Lucci’, le beatmaker, il a d’ailleurs composé toutes les prods de mon projet. Il y a aussi Fenty qui est notre backer, Raph qui est notre manager officiellement même si j’ai horreur de ce terme et enfin le Dj, Hagrid. En dehors du label, il y a toujours Kaluu qui gravite autour de nous, c’est un gars que je connais depuis longtemps, il chapeaute toujours un peu tout le contenu visuel. J’ai grandement confiance en lui, mais  j’aimerais tester aussi d’autres réalisateurs pour mes prochains clips.

J’aimerais qu’on revienne sur le dernier morceau de ton projet “un œil sur le monde”

Yes, c’est un morceau qui me tenait à cœur, il est composé en deux couplets. Un couplet qui raconte la vie d’un jeune lamba et le deuxième couplet est plus perso, il me décrit plus moi. Ce morceau, c’est vraiment la vision du monde dans les yeux d’un gars de vingt ans. La prod’ est assez vieille, je l’avais composée il y a plus d’un an avec Lucci.

Merci beaucoup d’avoir répondu à nos questions, as-tu un dernier mot à ajouter ?

Je vais continuer à bosser jusqu’au jour où je me sentirai prêt à faire un album. Mais que personne s’inquiète il y aura des exclus avant, j’ai hâte de voir où cela va me mener. Le principal reste de faire les choses par amour !

Couverture par Raska 

Paul Jobard

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