Éclairage : J.I.D

Destin Route (quel nom incroyable), aka J.I.D a 28 ans, est un rappeur originaire d’Atlanta et viens de sortir l’un des meilleurs projets de l’année dans le vaste paysage du rap américain.

En février 2017, il signe chez Dreamville Records, le label de J.Cole. Je le découvre personnellement à ce moment là avec son single NEVER, tiré de l’album The Never Story un très bon titre, très brut mais énergique.

DiCaprio 2, son deuxième album studio, confirme les espoirs placés en lui par le magazine XXL, qui l’avait honoré d’une sélection à la prestigieuse Freshman Class de 2018. A l’écoute, on comprends mieux la comparaison avec Kendrick Lamar ; mais au-delà de cette voix caractéristique, c’est la créativité de l’artiste et ses inspirations tirées du jazz qui rappellent K-Dot. Mais comme  le dit J.I.D sur Stick Talk, il est dans sa “propre ligne”, et réduire le jeune artiste à une imitation de Kendrick serait dommage.

L’album se décompose en 14 titres et propose de beaux featurings puisque l’on retrouve A$AP Ferg, J.Cole, 6LACK, BJ the Chicago Kid, Method Man ou encore Joey Bada$$. Tantôt très moderne avec des instrus rapides aux sonorités trap (151 Rum, Off Deez, Hasta Luego, Westbrook), tantôt old-school, lancinant avec des inspirations soul (Workin Out, Hot Box, Skrawberries), l’album se trouve être au final très varié et abouti. Une chose est sûre, le jeune rappeur sait kicker et possède une bonne plume mais sur ce projet, J.I.D mélange technique et mélodies, fait varier sa voix, pour au final délivrer des morceaux uniques, profitants de productions très efficaces. Il a pu profiter de l’expertise de J.Cole et Mac Miller, qui ont grandement travaillé sur l’album et lui ont apporté ce côté authentique. L’authenticité est d’ailleurs ce qui démarque J.I.D : à l’heure du “mumble rap” où l’on accorde de plus en plus d’importance aux mélodies, DiCaprio apporte un vent frais qui transpire le hip-hop.

Je vous laisse aller bouger la tête sur ce projet qui mérite d’être écouté et qui ne présage que du bon pour le futur.

Jules Binnert