Divine Comédie : Plongée en eaux troubles avec Eden et Piège

Dans la continuité de SCUBA, sorti début 2020, et du premier chapitre de « Divine Comédie »  Eden X Piège terminent l’année en beauté avec un second EP intitulé « Une gorgée du styx ».  Pendant cette année, il n’y a pas à dire, ils ont été productifs sans que la qualité soit lésée. On  assiste ici à une montée en puissance de leur art, avec toujours plus de rimes acérées sur riffs de  guitare maîtrisés. Nous avons décidé de revenir sur les deux premiers chapitres sortis ces derniers  mois, qui témoignent de vouloir sortir du son plus régulièrement, retirant alors la frustration de  sortir un gros projet en une fois dans des délais plus espacés. Une autre manière de concevoir la  musique tout en conservant une constante de qualité. 

 « Le début d’une longue série musicale »

Le début d’une longue série musicale

En indépendants (s/o Distrokid), on a donc ici le droit au  point de départ d’une sombre aventure. Porteurs d’un courant encore peu développé en France. On fait face ici à, pour ce qui est du premier EP, à un projet court, intense, profitant d’une belle dynamique, alternant entre track  rempli d’une énergie sombre et morceau plus  mélancolique. Que ce soit dans Ouija où il se pose comme triste observateur du monde qui l’entoure, ou dans +33 où un côté morbide fait acte de présence, on observe la diversité d’un champ lexical bien exploité par le jeune rappeur. Il sait créer des images qui sont facilement marquantes, donnant plus de profondeur à un rap profitant d’une écriture aux lignes fortes, construites avec attention.  Des morceaux impactants, une ambiance globale pesante, on ressort de l’écoute légèrement déboussolé tant la  musicalité nous transporte. 

L’ambivalence qui règne sur ce projet peut permettre de toucher un public plus large sans pour  autant s’éparpiller dans un côté ultra éclectique qui pourrait faire perdre toute cohérence à l’univers  qui se bâtit. Avec un travail sur les productions soignées avec un Piège en forme toujours présent,  les sonorités sont impactantes et les morceaux sont fournis en détails que l’on découvre au fur et à  mesure des écoutes attentives. 

Une proposition immersive

Environ deux mois plus tard après cette fournée, Eden et Piège nous envoient une nouvelle salve  avec le chapitre 2 intitulé « Une gorgée du Styx ». Ce nouvel EP, composé de 5 titres, s’inscrit dans  la continuité du premier, l’esthétique et les sonorités s’imprégnant toujours plus d’un côté lugubre. 

 

Une fois de plus on a le droit à de nombreuses références propre à l’artiste notamment dans le  morceau « Barbelés » où l’on se retrouve à découvrir une flopée d’éléments et d’artistes comme  Lovecraft ou encore Sharon Tate qu’il arrive à réunir sur un seul et même morceau. 

Au delà de la musique, ils arrivent à prolonger l’expérience en étendant leurs univers sur d’autres  aspects : les clips proposés font preuve d’une ambiance envoûtante et intriguante. Le merch lui  s’aligne pour correspondre au mood des projets. 

On fait face ici à deux disques non-aseptisés, avec une formule qui fonctionne, une guitare qui sait  aussi bien nous émouvoir que nous mettre en trans, un Eden au top de sa forme, fort d’années  d’expérience en écriture qui lui permettent de manier avec aisance les mots. 

Eden vient confirmer avec brio les espoirs que l’on plaçait sur lui et ce depuis Olaf. Tout au long de 2020 il aura su nous sortir de belles propositions, notamment « SCUBA » qui est un des projets fort du début de cette année. 

Vision claire pour un voyage ténébreux

La divine comédie se découpant en 3 grandes parties, l’Enfer, le Purgatoire et le Paradis, on espère avoir le droit à un nouvel EP qui conclurait cette possible trilogie début 2021 mais qui sait, le duo nous réserve peut-être des surprises, et l’histoire ne serait alors pas fini de si tôt. Aussi, au vu de l’intitulé du chapitrage, on peut s’attendre à ce que les deux compères nous emmènent vers une musique plus lumineuse à la manière du dernier track, Tsunami. 

 

On espère que la suite sera du même calibre, en tout cas on ne doute pas qu’ils vont envoyer en  2021 de quoi faire plaisir à leur public, tout en élargissant sûrement leur public, c’est, du moins, ce  qu’on leur souhaite. 

Antoine C

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