Bakari, la douceur Liégeoise 

Le rap francophone ne cesse aujourd’hui de se diversifier. L’avancée technologique et l’évolution de sa mixité sociale a permis à cet art de se renouveler et de se diversifier. Mais ces différentes avancées ne sont pas les uniques responsabilités de ce renouveau. Terre d’émergence d’artiste en tout genre, la Belgique et sa culture, offre au rap de nouvelles vertus.

 À l’image d’artistes comme Damso, Isha ou encore Hamza ce phénomène en développement a pour épicentre Bruxelles. Récoltant toutes les lumières, la capitale peut parfois compromettre indirectement le développement de certains artistes. C’est pour cela que nous tournons aujourd’hui les projecteurs vers Liège, ou un certains Bakari peut vous amener « Ailleurs » à travers son premier EP sortie en 2018.

 

 « Kaléidoscope », un projet qui porte bien son nom. De ses premiers foots à l’école au Congo, de la découverte de ce qu’il croyait être « le Paradis » (Belgique), des violences raciales qu’il y subit surplace, de sa plongée dans l’illégale et l’illicite toutes les facettes de sa vie nous sont contées.

 

Très imagé, le projet peut avoir des paroles très crues et dures, mais elles sont pour la plupart bercées par les productions de Junio Beats, de Musikero et surtout des phases de chant de Bakari.  Cette phase illustre totalement cette idée « Triste et belle vie tu l’sens dans la mélodie que j’regrette pas grand-chose » – Barrio. Un son totalement chanté et très instrumentalisé où Bakari excelle.

 La force du projet repose surtout sur le chant qui est parfaitement amené. Il en fait tout de même parfois abstraction. Kanye West et Que du gang sont uniquement râpés, et s’intègrent plus ou moins (Que du Gang) bien au projet mais apportent des couleurs moins vives dans les sonorités.

photo de @_le_buck_444_

La conclusion de l’EP est un peu ovni au sein du projet. Titre éponyme « Kaléidoscope » est aussi 100% rap. On ressent à travers le son une réelle volonté de s’affranchir du reste. Aussi surprenant que jouissif, on y retrouve beaucoup d’ego trip, de belles punchlines et on en apprend beaucoup sur la technicité de Bakari.

 

Parfois dur mais à la fois doux, « Kaléidoscope » est aussi bien chanté que rappé et nous fait découvrir la vie du jeune liégeois par l’intermédiaire de sonorités aussi diverses qu’appréciables. Son rap ne s’inscrit pas seulement dans une démarche personnelle mais aussi dans une recherche de d’exposition de sa ville Liège également d’une importance majeure à ses yeux.

Liège Vie     

En effet, Bakari ne cache pas sa volonté de vouloir emmener la « Cité Ardente » au sommet. Déjà dévoilés en douceur dans le clip de « Mélodie », son quartier et sa ville s’associent à la capitale belge lors du clip « Ailleurs » un featuring évadant avec la tête d’affiche bruxelloise Isha. Mais la démarche ne s’arrête pas simplement à des visuels, les acteurs locaux sont eux aussi concernés.

Tout d’abord, des producteurs aux graphistes, tout le projet « Kaléidoscope » a été mené par des Liégeois. Son label O To Ten Music géré par Franck Luckaz ne manque pas non plus à la règle. Plus récemment le rappeur a lancé un mini-documentaire intitulé « Bienvenue dans le piège », où y figure de nombreux talents Liégeois. Pourvu pour le moment de trois épisodes, c’est à retrouver sur son compte Instagram.

 

             Même s’il est encore inconnu du grand public, Bakari possède une polyvalence certaine. Ses capacités de chant et de kick pourraient peut-être lui ouvrir de grandes portes qu’il gardera bien ouverte pour d’autres rappeurs liégeois.

Charles Badard

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