Album de la semaine #1 : Georgio – Hera

Chaque semaine, enrichit ta culture rap grâce un article sur un album à écouter, récent ou plus ancien. Aujourd’hui, on commence notre collection par l’album « Héra » de GEORGIO.

Hera, c’est le deuxième album de Georgio.

Le rappeur Parisien avait sorti auparavant plusieurs projets.
En 2011, “Mon prisme” premier réel projet abouti qui comprenait notamment l’incroyable “Homme de l’ombre” remix du morceau du même nom de Lunatic.


2013 pour Georgio, signifiait l’arrivée de son premier Ep “Soleil d’hiver” en collaboration avec Hologram Lo’. On retiendra évidement le génial “Saleté de rap”. 


En 2014, tout s’accélère pour le natif de la Seine Saint Denis. Avec la sortie de sa mixtape gratuite “Nouveau souffle”, où on peut retrouver des featuring avec des rappeurs prometteurs à l’époque, à savoir un certain Vald et un certain Nekfeu…

A peine quelques mois plus tard, Georgio sort son deuxième Ep “A l’abri ». Cet Ep, plus poussé, plus abouti que les autres projets feront monter en flèche sa popularité. On vous conseille notamment le morceau éponyme de l’album (A l’abri) et Enigme.


C’est en octobre 2015 que le premier album sort, « Bleu noir » est produit de manière originale. En effet, l’album a été entièrement financé par son public via un crowdfunding. En 45 jours, l’artiste avait récolté 52 000 euros pour ce premier album.

C’est donc un an plus tard qu’Héra a vu le jour, le 4 novembre 2016. L’album est sorti sur le label PANENKA (label où on retrouve aussi PLK par exemple), Contrairement au premier qui était sorti en indépendant complet, juste avec l’aide de donneurs.

La fin d’un cycle

Cet album marque une réelle cassure entre le Georgio d’aujourd’hui et celui d’avant Héra. Sa dépression qui prenait avant toute la place est de moins en moins présente. Georgio a envie de se battre contre cette mélancolie dans laquelle il aimait se complaire. Il l’exprime dans l’intégralité du projet, mais surtout dans le titre “ Promis j’arrête”. Dans ce morceau, il nous explique comment et pourquoi il ne veut plus être l’esclave de sa dépression et de ses démons.

Mais la vie, c’est des choix, l’espoir renaît dans le gaz d’un briquet
Rallumer des rêves qui auraient pu finir en cendres

Pour combattre sa dépression, il a une principale méthode. L’évasion.

Le voyage

Première forme d’évasion mise en avant dans cet album, le voyage. Dès l’intro dans “L’espoir meurt en dernier” il parle de l’Ecosse et de ses étendues pour convaincre son ami de lâcher la drogue et son enfermement

Il m’avait pourtant promis d’arrêter la beuh indienne, tu sais
Celle qui t’emprisonne dans ton lit
J’lui raconte ma vision d’l’Ecosse
Les plaines plus vertes que sa drogue

Dans cet album Georgio, nous invite à voyager, à découvrir le monde et l’inconnu pour briser notre quotidien cyclique et routinier. Cet état d’esprit est représenté par Héra. La divinité grecque du mariage, de la fécondité et de la féminité, fait office d’allégorie pour Georgio. Elle représente l’évasion, le voyage. On le comprend parfaitement à travers le titre “Héra”. A la première écoute, on pourrait penser entendre une simple chanson d’amour.  Pourtant, c’est bien dans ce morceau que le parisien nous explique son état d’esprit, et son besoin quasi vital de voyage, de changement d’horizon. Il le décrit lui-même comme un véritable hymne à la vie. Cet état d’esprit se décline tout au long de l’album mais en particulier dans le morceau « outro » de l’album, « Ici-bas ». Un couplet unique de cinq minutes où l’artiste revient sur ce qui a changé pour lui depuis l’album précédent, à quel point il apprécie la vie et ses moments de joie qui le porte aux quotidiens

Moi à chacun de mes réveils je donne tout, vraiment tout et le reste
Mon t-shirt, ma veste, mes sons, mes rimes
J’m’en donne la peine

Ces morceaux contrastent avec des titres comme “No futur” ou “On rêvait tous de s’envoler”. On retrouve dans ces deux sons le Georgio “d’avant” Hera, sombre et sans espoir. On comprend aussi pourquoi les moments d’évasion sont si précieux pour lui. Il ne veut pas retourner dans ses travers qui le détruisent.

 

L’art et le Storytelling.

L’influence de la poésie et de la culture littéraire a toujours été une marque de fabrique pour le rappeur du 18ème. On retrouve l’amour et l’admiration de Georgio pour ses auteurs favoris dans presque tous les textes d’Héra. Mais plus qu’un hommage aux œuvres qui l’ont marqué, Georgio utilise sa plume et sa culture pour créer des personnages fictifs avec des goûts particuliers qui ne rendront que plus réél son storytelling. Dans “Svetlana et Maïakovski”, Georgio nous raconte l’histoire d’une femme de joie venu des Pays de l’Est, et qui pendant qu’elle a dans ses bras un inconnu, récite dans sa tête le poète Russe afin de s’évader de ce moment.

Ses pensées récitent, des poèmes de Maïakovski
Tu vois comme quoi on peut s’évader d’différentes façons
Lui il baise, elle elle pense

On retrouve aussi cela dans “ La vue du sang” Georgio nous raconte l’histoire d’un jeune militaire qui est à bout, et qui ne pense plus qu’à rentrer chez lui. Pour l’humaniser, Georgio nous parle de là où il habite et de ce qu’il aime lire. Le message est plus fort, on s’identifie plus facilement au personnage. 

Elle ne marchera plus, j’ai la haine, j’ressens l’besoin de rentrer
De lire les voyages de Sylvain Tesson
Traîner dans les bars d’Orléans et retrouver mon chez moi
Près de la Loire, chaque soir, sans exception

Chacun des personnages de Georgio vit une histoire vraiment différente de lui. Mais pourtant, ils sont tous reliés par ce besoin d’évasion.

 Bilan :

Comme vous l’aurez compris, avec cet album, Georgio a fait une véritable œuvre à la gloire du combat contre la dépression, à l’envie de voyages et aux besoins de changements quotidiens. Ce disque est important dans la déjà longue discographie du parisien. En effet, à partir de Hera, Georgio a semblé plus apaisé. Autant dans ses textes que dans ses apparitions. En 2018, est sorti son 3ème album XX5, un album dans la continuité de Hera, l’album célèbre la fin réelle de sa période de dépression.

Œuvre dans la même ambiance :

“Le cercle des poètes disparu” de Peter Weir.

 “Blizzard” de Fauve :

“L’homme qui voulait vivre sa vie” Douglas Kennedy 

Paul Jobard

2 réflexions sur “Album de la semaine #1 : Georgio – Hera

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